Financement : La BDEAC réussit une levée historique de 222 millions de dollars sur les marchés internationaux

Adossée au soutien de l’Africa Finance Corporation et complétée par un prêt de la BADEA, cette opération inaugurale augmente la surface bilantielle de la banque d’environ 15 %, tout en l’engageant à une discipline de transparence vis-à-vis des investisseurs.
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a mobilisé 222 millions de dollars, soit environ 125 milliards de FCFA, lors de sa première émission obligataire sur les marchés internationaux, réalisée le 13 octobre 2026. Cette opération ouvre à l’institution basée à Brazzaville une nouvelle source de financement.
Libellée en euros après une couverture de change entre l’euro et le dollar, l’obligation offre un coupon annuel de 7,88 % et arrive à échéance en octobre 2029. L’Africa Finance Corporation (AFC) est intervenue comme investisseur d’ancrage stratégique. La BDEAC n’a cependant pas précisé le montant de sa souscription ni la répartition complète des fonds mobilisés.
« Cette opération qui consacre l’accès à une nouvelle source de financement pour la BDEAC, témoigne de la confiance croissante des investisseurs internationaux dans ses fondamentaux financiers, de leur soutien à la transformation ainsi qu’à la modernisation de la Banque, engagée ces dernières années et démontre son rôle grandissant au sein de la communauté internationale des banques multilatérales de développement », a déclaré Dieudonné EVOU MEKOU, Président de la BDEAC.
Un coût à rapprocher de la notation
Le taux de rémunération de l’émission s’apprécie notamment au regard du profil de crédit de la banque. Moody’s lui a attribué une note Ba3, assortie d’une perspective stable, en novembre 2025, avant de la confirmer en septembre 2026. Cette notation reste dans la catégorie spéculative, en deçà du niveau « investment grade » que l’institution souhaite atteindre à terme.
Inscrite dans le plan stratégique 2023-2027 « AZOBÉ », l’opération constitue une étape dans la diversification des ressources de la banque. Son président, Dieudonné Evou Mekou, estime qu’elle « témoigne de la confiance croissante des investisseurs internationaux dans ses fondamentaux financiers » et confirme son rôle au sein des banques multilatérales de développement.
Selon la banque, les ressources mobilisées représentent près de 15 % de son bilan. Elles doivent soutenir l’accélération des décaissements dans les six pays de la CEMAC, notamment en faveur des infrastructures, de l’agriculture, de l’agro-industrie et de l’industrie. Leur impact dépendra de la capacité de la BDEAC à convertir ces ressources en financements effectivement déployés et en projets exécutés.
Toujours le 13 octobre 2026, à Bangkok, l’institution a également signé un accord de prêt de 30 millions d’euros avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), destiné au financement du secteur privé et des petites et moyennes entreprises (PME) de la sous-région.
Ces deux opérations renforcent les ressources mobilisables par la BDEAC et diversifient ses sources de financement. Elles accroissent aussi les attentes quant à la qualité de l’allocation des fonds, au suivi des projets et à la maîtrise des équilibres financiers.
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