Compétitivité en Afrique centrale : Le Cameroun doublé par le Gabon et la Guinée équatoriale

Si Yaoundé demeure le poids lourd commercial de la sous-région, l’évaluation 2026 de l’ONU Commerce et Développement (CNUCED) révèle un retard important en matière de capital humain, d’énergie et de logistique. Une sonnette d’alarme pour le pays, appelé à corriger les déséquilibres de son secteur privé et de ses réseaux de transport pour maintenir son leadership.
Le Cameroun est la première économie de la CEMAC. Son PIB nominal a atteint 60,6 milliards de dollars en 2025, selon le FMI. Mais ce poids économique ne se traduit pas par un niveau équivalent de capacités productives. Publié le 14 septembre par ONU Commerce et Développement, le nouvel indice des capacités productives évalue 195 économies à partir de 43 indicateurs répartis entre capital humain, capital naturel, énergie, transport, TIC, institutions, secteur privé et transformation structurelle. La moyenne géométrique retenue pour l’agrégation pénalise les déséquilibres entre ces différentes dimensions.
La production pétrolière du Cameroun est passée de 21,3 millions de barils en 2024 à 19,8 millions en 2025, avant une remontée projetée à 20,8 millions en 2026. La Caisse autonome d’amortissement relève un déclin structurel lié à la baisse naturelle du rendement des puits.
La croissance repose désormais davantage sur les activités non pétrolières. Le FMI table sur 3,3 % en 2026, contre 4,3 % dans les prévisions gouvernementales. Le financement de l’économie reste par ailleurs fortement dépendant des ressources extérieures. La loi de finances 2026 prévoit un besoin de financement d’environ 3 197 milliards de FCFA, couvert à 67 % par des ressources extérieures.
Quatrième en Afrique centrale
Le classement place le Cameroun au quatrième rang de la CEMAC, derrière le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo. São Tomé-et-Príncipe, le Gabon et la Guinée équatoriale figurent également devant lui dans le classement d’Afrique centrale. Le Cameroun devance toutefois l’Angola, le Burundi, la RD Congo, le Tchad et la Centrafrique.
À l’échelle africaine, Maurice arrive en tête, devant les Seychelles et l’Afrique du Sud. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Ghana et le Nigeria devancent également le Cameroun.
Cette hiérarchie rappelle que les ressources naturelles ne suffisent pas à déterminer les capacités productives d’une économie. Les infrastructures, l’énergie, le capital humain, les institutions et la transformation industrielle comptent autant dans la capacité à produire durablement.
Pour le Cameroun, le classement pose ainsi une question moins quantitative que structurelle. Comment convertir ses ressources, son marché et sa position régionale en capacités productives plus solides ? La réponse conditionnera la croissance au moment où le potentiel pétrolier tend à diminuer.
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