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BVMAC : L’impossible rencontre entre acheteurs et vendeurs paralyse la côte

Fadira Etonde6 février 2026Mis à jour le 6 février 2026Temps de lecture 2 min
BVMAC : L’impossible rencontre entre acheteurs et vendeurs paralyse la côte
L'ECONOMIE

La place boursière unifiée de la CEMAC, basée à Douala, offre un spectacle saisissant de paralysie. Si la veille avait sauvé les apparences avec 300 000 FCFA d’échanges, ce jeudi 5 février ramène le marché à sa dure réalité. Le Bulletin Officiel n° 2444 affiche un bilan sans appel : zéro transaction sur les compartiments actions et obligataires. L’indice BVMAC All Share Index stagne à 1 074,33 points. Sous ce calme plat, une tension invisible monte : la BVMAC souffre d’une asymétrie flagrante entre l’offre et la demande qui empêche toute formation de prix.

SAFACAM et SCG-Re, les deux pôles du blocage

Le cas de SAFACAM est symptomatique. La valeur agro-industrielle cristallise les convoitises avec 203 titres demandés à l’achat, mais aucun actionnaire ne s’en déleste au cours actuel (30 001 FCFA). À l’inverse, la SCG-Re (réassurance gabonaise) sature le côté « vente » avec 826 actions offertes, sans preneur. Ce dialogue de sourds paralyse la rotation des portefeuilles. Le marché manque de market makers capables d’apporter de la liquidité en ajustant les fourchettes. Les titres, pourtant attractifs sur les fondamentaux, deviennent des « lignes mortes ». La dépendance à SOCAPALM montre ses limites : dès que la locomotive s’arrête, tout le convoi reste à quai.

Le compartiment obligataire en mode « Hold-to-maturity »

Le constat est plus sévère pour la dette. L’encours obligataire, stable à 1 305,3 milliards FCFA, reste une forteresse inexpugnable. Aucune transaction n’a été enregistrée sur les 31 lignes depuis le 23 janvier. Les institutionnels, majoritaires, conservent leurs titres jusqu’à échéance pour capter des rendements nets jusqu’à 7,5 %, ignorant les rares opportunités d’arbitrage comme sur la ligne gabonaise EGA15.

Les OPCVM, seule fenêtre de respiration

Dans ce désert transactionnel, la gestion collective surperforme le marché. Les chiffres publiés ce 5 février confirment la santé des fonds : le FCP Makeda Horizon bondit de 0,25 % sur la semaine, tandis que le FCP ASCA Patrimoine consolide sa performance historique à +56,72 %. Ces fonds deviennent le refuge d’une épargne cherchant la performance sans le piège de l’illiquidité du fixing. L’urgence pour la BVMAC est désormais d’inventer des mécanismes de fluidité pour que l’offre et la demande se rencontrent enfin.

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Tags :AfriqueCEMACSCG-Re
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