Le secteur agro-industriel dicte sa loi à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC). À l’issue de la séance de cotation de du 9 juin, l’indice de référence BVMAC-AS a rompu avec sa léthargie pour s’établir à 1 120,71 points, contre 1 116,05 points la veille. Cette bouffée d’oxygène est exclusivement imputable à SAFACAM, dont le titre s’est adjugé une hauss de 6,06%.
Il aura suffi d’un bloc de 50 actions échangées au prix unitaire de 35 000 FCFA pour injecter 1,75 million de FCFA de liquidités sur SAFACAM et faire grimper sa capitalisation boursière flottante. Dans son sillage, sa consœur la SOCAPALM est restée de marbre, enregistrant une unique transaction symbolique à son cours inchangé de 53 000 FCFA. Grâce à ce sursaut de l’exploitation forestière et agricole, la capitalisation boursière globale du compartiment Actions s’est appréciée à 1 702,8 milliards de FCFA.
La finance régionale grippée par la guerre des prix
Derrière cette performance de façade, le reste de la cote offre un tout autre visage : celui d’une paralysie technique. Les valeurs financières et assurantielles de la zone CEMAC suscitent un intérêt manifeste, mais les négociations achoppent. Sur BGFI Holding Corporation, mastodonte du marché, les carnets affichent une demande massive de 2 278 titres face à une offre timide de 100 actions. Pourtant, aucune transaction n’a pu être scellée. La raison ? Un fossé psychologique sépare les acheteurs des vendeurs, ces derniers refusant de brader leurs lignes sous le cours de clôture de 82 000 FCFA. Le même blocage s’observe sur la SCG-Re (11 actions demandées pour 757 offertes) et sur la BANGE, maintenant les cours à l’arrêt.
Le compartiment de la dette en mode observation
Sur le front obligataire, les investisseurs institutionnels ont joué la carte de l’attentisme. L’encours calculé s’est stabilisé à 1 397,9 milliards de FCFA au cours d’une séance blanche en transactions. Seule velléité notable : une recherche de papier sur l’emprunt souverain camerounais (ECMR 6,25% NET 2022-2029), avec un ordre d’achat en attente pour 1 000 titres à un cours pied de coupon de 100%. À l’inverse, l’obligation privée ALIOS FINANCE 6% BRUT 2025-2028 cherche désespérément preneur, affichant 17 700 titres à la vente sans aucune contrepartie.
Du côté de la gestion collective, cette déconnexion du marché se fait ressentir. Alors que les fonds monétaires et obligataires affichent une progression linéaire hebdomadaire oscillant autour de +0,10% (à l’instar de l’ASCA Liquidités ou du Harvest Trésorerie), le fonds Harvest Actions CEMAC accuse le coup avec un repli de -0,13% de sa valeur liquidative. Preuve que la sélectivité reste le maître-mot pour les gérants de portefeuille dans une configuration de marché aussi étroite.

