Les acteurs économiques de la République centrafricaine disposent désormais d’un nouvel outil pour transformer l’environnement des affaires. Le Premier ministre Félix Moloua a ouvert, le 28 mai dernier à Bangui, un cycle de concertations intensives de deux jours autour de la plateforme I-COMPETE. Organisé par le Groupement interprofessionnel de Centrafrique (GICA), l’événement marque une inflexion dans la méthode de gouvernance économique du pays, en plaçant le dialogue direct entre l’État et le secteur privé au cœur de la stratégie de relance.
Le lancement de la plateforme répond à un constat précis. En amont des travaux, un consultant mandaté par le GICA a mené un audit de terrain auprès des entrepreneurs et des membres de l’organisation pour recenser et classer les blocages auxquels font face les entreprises au quotidien. « L’objectif était d’identifier les principales problématiques actuelles du secteur. Cette question figure d’ailleurs parmi les thématiques majeures retenues lors des récentes assises », a indiqué Christian Zouna, représentant du projet I-COMPETE Centrafrique. Ce diagnostic sert désormais de feuille de route aux panels techniques et aux experts financiers réunis dans la capitale.
Des réformes structurelles attendues au-delà de l’urgence
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple assistance aux entreprises en difficulté. Il s’agit de bâtir un cadre d’échange permanent entre l’État et le patronat. Les réformes attendues devront stimuler l’innovation, sécuriser les investissements, nationaux comme étrangers, et générer des emplois durables dans un tissu économique encore fragile.
Le succès du programme repose sur un appui financier et technique international. La Banque mondiale accompagne I-COMPETE en apportant expertise et ressources pour en garantir la viabilité sur le long terme. Les recommandations issues des deux jours de débats devront se traduire par des mesures législatives et fiscales concrètes pour fluidifier le marché centrafricain.
Le Premier ministre a rappelé que l’émergence du pays restait conditionnée par la capacité collective à entreprendre et à sécuriser le climat des affaires, fixant un objectif de croissance de 3,6 % à l’horizon 2026.

