À l’occasion d’une visite officielle à Alger, le chef de l’État tchadien et son homologue algérien ont présidé la signature d’un accord-cadre. Ce texte prévoit le lancement d’études préalables pour la construction d’une seconde raffinerie sur le sol tchadien, d’une capacité ciblée de 20 000 barils par jour. Cet engagement s’intègre dans un vaste programme de coopération bilatérale comprenant 27 accords sectoriels. Si les détails techniques, le calendrier et le site d’implantation restent à définir, l’objectif politique est clair : poser les bases d’une assistance technique entre les deux nations, en s’appuyant sur l’expertise pétrolière de l’Algérie.
Le Tchad produit de l’or noir depuis les années 2000, principalement via le bassin de Doba. Sa production se maintient à un niveau solide, oscillant entre 137 000 et 148 000 barils par jour. Les exportations de brut représentent d’ailleurs le moteur de l’économie nationale, constituant 70 % des ventes du pays à l’international. Pourtant, le pays souffre d’un déficit chronique d’infrastructures de transformation. L’unique usine de raffinage en activité, le complexe de Djermaya, a été inaugurée en 2011 en partenariat avec la société chinoise CNPC. Bien que sa capacité nominale théorique affiche 20 000 barils par jour, son rendement réel plafonne régulièrement autour de 14 000 barils par jour. Ce volume s’avère insuffisant pour couvrir la demande intérieure en carburant.
Une lourde facture d’importation
Cette de capacités locales de raffinage force le Tchad à importer massivement ses produits pétroliers finis, ce qui pèse lourdement sur ses finances publiques. Les données économiques illustrent l’ampleur du phénomène. En 2024, le coût des importations de produits pétroliers s’est élevé à 509,3 milliards de FCFA (environ 840 millions de dollars). Malgré une légère baisse par rapport aux 521,5 milliards de FCFA dépensés en 2023, la facture demeure colossale pour l’État.
Pour l’Algérie, ce partenariat renforce son rôle d’acteur énergétique continental majeur. À travers sa compagnie publique Sonatrach, le pays multiplie les chantiers d’envergure, à l’image du projet de complexe pétrochimique déjà en cours à Dosso. Ce nouvel accord avec N’Djamena pourrait à terme transformer la carte du raffinage en Afrique centrale.

