« Corridors intégrateurs, catalyseurs de développement des chaînes de valeur sous-régionale », c’est le thème sous lequel s’est déroulée la cérémonie de lancement de la 5e édition du Pro Meet Up (PML5). L’événement qui réunit décideurs publics, investisseurs, opérateurs économiques et institutions vise un objectif clair : faire passer l’économie de la réflexion à l’action. Au cœur du débat, un concept qui change tout, le corridor. Plus une simple route, mais un levier d’industrialisation et de souveraineté. Prenant la parole en ouverture des travaux, Carole Mbessa Elongo, Présidente du Pro Meet Up, a présenté la vision et les ambitions portées par cette édition. Elle a notamment souligné la nécessité pour les États africains de construire des chaînes de valeur sous-régionales durables, fondées sur la transformation locale des matières premières, la valorisation des ressources et des compétences africaines, ainsi que le renforcement de la coopération économique entre les pays de la sous-région.
Selon elle, l’industrialisation du continent demeure un levier essentiel pour réduire la dépendance extérieure et renforcer la résilience des économies africaines. Invitant les différents acteurs à une mobilisation collective, elle a appelé à « s’organiser, coopérer, reconstruire et surtout agir » afin de faire émerger des solutions concrètes au service du développement du continent.
« Aujourd’hui il est temps de passer à de nouvelles générations de corridors c’est-à-dire ceux-là qui permettent une transformation locale des produits et des matières premières. La structuration de filières dans notre sous-région de manière à ce que l’on puisse adresser non seulement notre marché local, mais le reste de marchés et opportunités que représente la Zlecaf qui compte 1,4 milliard d’habitants et donc un potentiel de consommateurs important », s’est-elle exprimée.
La contribution des corridors intégrateurs à la transformation économique de la sous-région a été mise en exergue par Charles Assamba Ongodo, Vice-Président de la Commission de la CEMAC. Les qualifiant d’« instruments de transformation économique régionale ». Concrètement, dans sa prise de parole, il a souligné leur rôle dans la connexion des systèmes productifs, le renforcement du commerce intra-communautaire et la consolidation de l’intégration économique portée par la CEMAC.
Le constat est tel que l’Afrique centrale possède des atouts considérables : ressources minières stratégiques, un potentiel agricole immense, des ressources forestières majeures, une façade maritime de premier rang, un potentiel énergétique exceptionnel… Pourtant, la structure des économies demeure encore insuffisamment intégrée et faiblement industrialisée. Les matières premières continuent pour une large part d’être exportées à l’état brut… Tandis que les marchés importent massivement des produits transformés.
Pour le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, représentant du premier ministre, le thème est en parfaite cohérence avec les ambitions de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Dans son allocution, il a rappelé que les corridors de transport constituent aujourd’hui bien plus que de simples axes de transit. Ils doivent être appréhendés comme de véritables espaces d’intégration économique, de compétitivité et de création de valeur, capables de soutenir le développement industriel, la fluidité des échanges commerciaux et la transformation structurelle des économies africaines. Les travaux ont été rehaussés par la présence de Mike Ogbalu III, Chief Executive Officer du PAPSS et Keynote Speaker de l’événement, outre plusieurs autres membres du gouvernement.

