Le Cameroun a consacré 42,5 milliards de FCFA à l’importation de friperie en 2025 (vêtements, chaussures et accessoires usagés) pour un volume de 73 008 tonnes. Ce montant, en hausse de 2,6 milliards par rapport aux 39,8 milliards déboursés en 2024 (pour 72 600 tonnes), approche désormais le coût estimé de la restructuration de la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam).
Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), cette progression témoigne d’une dépendance croissante du marché national aux importations pour habiller les populations, au moment même où l’industrie textile locale se meurt.
La Cicam au bord du gouffre
Ancien fleuron de l’industrie textile d’Afrique centrale, la Cicam n’occupe plus que 5 % des parts de marché. L’entreprise, étranglée par une dette de plus de 22 milliards de FCFA, dispose d’un outil de production obsolète, largement inopérant faute d’entretien.
Son déclin s’explique par une double concurrence : celle de la friperie, mais surtout l’invasion massive de tissus et vêtements chinois ou ouest-africains bon marché, souvent introduits par la contrebande.
Un plan de sauvetage revu à la hausse
Face à cette situation critique, le gouvernement camerounais, appuyé par la Banque africaine de développement (BAD), a revu ses ambitions. Alors qu’une étude du Bureau de mise à niveau (BMN) évaluait les besoins de financement à 48,2 milliards de FCFA pour une restructuration publique, l’État envisage désormais d’investir jusqu’à 70,2 milliards.
Cette stratégie s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui vise à transformer structurellement l’économie camerounaise. L’objectif : porter la production annuelle de la Sodecoton à 600 000 tonnes et transformer localement au moins 50 % de cette fibre d’ici 2030.

