Placé sous le Très Haut Accord du Président de la République, Paul Biya, cet événement se veut à la fois un moment de bilan et une plateforme de réflexion sur l’avenir de la statistique publique au Cameroun. Si les Journées Portes Ouvertes organisées en ouverture permettent d’introduire le grand public à l’univers de la statistique, l’essentiel de cette célébration réside dans les échanges de haut niveau qui s’ouvrent dès le 23 avril au Palais des Congrès de Yaoundé. La présence du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, en qualité de représentant personnel du Chef de l’État, témoigne de l’importance stratégique accordée à cette rencontre.
La cérémonie d’ouverture, pensée comme une articulation entre mémoire institutionnelle et projection stratégique, donnera le ton des travaux à venir. À travers les différentes interventions, notamment celle du Directeur Général de l’INS, il sera question de mettre en lumière les acquis de l’institution tout en soulignant les défis qui restent à relever. Dans cette dynamique, la leçon inaugurale du Pr Samuel AMIN revêt une importance particulière. En abordant la question de la robustesse des systèmes statistiques face aux mutations en cours, elle inscrit d’emblée les débats dans une perspective d’adaptation et d’innovation.
Mais c’est surtout à travers le colloque scientifique que se dessinent les contours des transformations attendues. En ouvrant les discussions sur le rôle de l’État et des partenariats, les organisateurs posent les bases d’une réflexion sur la gouvernance des systèmes statistiques dans un environnement de plus en plus complexe et interconnecté.
Les thématiques abordées traduisent la profondeur des enjeux. La question de la qualité des données et de l’alignement sur les standards internationaux apparaît comme un impératif pour renforcer la crédibilité des statistiques produites. Dans le même temps, la révolution des données, portée par la digitalisation et l’émergence de nouvelles sources d’information, impose de repenser les méthodes traditionnelles de collecte, de traitement et de diffusion.
Les débats s’intéresseront également à la formation et au renforcement des compétences, dans un contexte où l’intelligence artificielle et la data science redéfinissent les métiers de la statistique. La capacité à former des profils adaptés à ces nouveaux enjeux constitue désormais un levier déterminant pour l’avenir du système statistique.
La question du financement préoccupe
La question du financement, quant à elle, reste au cœur des préoccupations. Assurer la durabilité des ressources nécessaires à la production statistique tout en répondant aux exigences de service public constitue un défi majeur pour les États africains. Les échanges prévus permettront d’explorer des pistes innovantes, notamment à travers une implication accrue du secteur privé.
En filigrane de ces discussions se dessine une évolution du rôle même de la statistique publique. Longtemps perçue comme un outil technique, elle s’impose désormais comme un instrument stratégique de gouvernance, au cœur des politiques publiques et des processus de décision.
La table ronde de clôture prévue le 24 avril devrait permettre de synthétiser ces réflexions et d’esquisser les grandes orientations pour les années à venir. L’enjeu sera de transformer les constats en actions concrètes, en mobilisant l’ensemble des acteurs concernés.
La cérémonie de clôture, présidée par Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire viendra consacrer cette dynamique, dans un esprit à la fois institutionnel et fédérateur.
À travers ces célébrations, l’INS affirme clairement son ambition : évoluer vers un système statistique plus moderne, plus réactif et mieux intégré aux besoins du développement. Dans un monde où la donnée est devenue un actif stratégique, l’enjeu n’est plus seulement de produire des statistiques, mais de les transformer en leviers d’action et de transformation.
CTM

