Le traumatisme économique du mois de mars 2024, où la rupture simultanée des câbles sous-marins WACS (West African Cable System), SAT-3 (South Africa Transit 3) et MainOne, avait plongé plusieurs entreprises dans le blackout, reste gravé dans les mémoires. À Douala, capitale économique camerounaise où les interruptions de réseau se chiffrent en milliards de francs CFA de pertes, la quête de résilience n’est plus une option technique, mais une urgence de trésorerie. C’est sur ce levier que l’opérateur historique local Matrix Télécoms et son partenaire international PCCW Global ont choisi de positionner leur collaboration, mûrie depuis dix ans mais accélérée ces quatre dernières années.
La rupture est d’abord financière. Dans le modèle traditionnel, les entreprises camerounaises sont prisonnières de contrats rigides à facturation fixe mensuelle, indépendamment de la consommation réelle ou des pannes subies. La rupture introduite repose sur le concept de « Cloud on-demand » via la plateforme automatisée Console Connect de PCCW Global. Ce modèle économique vient bousculer les budgets IT des entreprises, basculant des charges fixes (CAPEX) vers un modèle de charges variables (OPEX). Concrètement, il s’agit désormais pour les entreprises, de payer uniquement ce qu’elles consomment, tout en restant connecté aux serveurs mondiaux.
L’amorce de cette transition a structuré l’« Executive Connectivity Forum », co-organisé ce mardi 2 juin 2026 à Douala par l’opérateur local Matrix Télécoms S.A. et son partenaire technique international, PCCW Global. L’enjeu dépasse ici la simple technique : il s’agit de flexibiliser les coûts opérationnels dans un contexte de rationalisation budgétaire. Les entreprises peuvent désormais, Durand Nana, directeur général adjoint de Matrix Télécoms, moduler leur bande passante à la semaine ou au mois, alignant directement leurs dépenses de connectivité sur leurs pics d’activité. Cette agilité financière s’adosse à une infrastructure stratégique : le VPoP (Point de Présence Virtuel).
Ce dispositif permet une interconnexion internationale sécurisée, opérée depuis Douala. Il évite aux entreprises locales de se connecter à l’Internet public pour transporter les flux de données via des réseaux privés et cryptés. L’accès direct aux géants mondiaux du stockage tels que AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, ne relève plus désormais du parcours du combattant technologique. « À partir du moment où vous avez votre connexion, Matrix peut vous connecter à toutes les plateformes de cloud dans le monde entier à travers un réseau privé, en utilisant notre réseau international de transmission par câbles sous-marins avec la meilleure latence possible », a précisé Gildas Lebeau, directeur des activités Presales pour PCCW Global en Afrique subsaharienne.
Au-delà de la flexibilité budgétaire, c’est l’argument de la résilience face aux pannes systémiques qui retient l’attention. L’architecture présentée par Matrix met en avant une redondance multi-câbles (WACS, GLO, To Africa et ACS) adossée à la capacité du système Peace. Ceci pour garantir la continuité de l’activité économique locale sans interruption, maintenant les données intra-muros grâce à des passerelles locales (gateways).


