Face à l’évolution rapide des usages numériques (très haut débit mobile, services financiers sur téléphone, plateformes technologiques) le Cameroun juge son cadre réglementaire en décalage avec les réalités du marché. Pour le moderniser, Yaoundé s’est tourné vers Abuja, dont l’expérience en matière de régulation des télécoms fait référence à l’échelle du continent.

Première puissance numérique africaine, le Nigeria a su bâtir un environnement réglementaire favorable à l’émergence d’un secteur télécom compétitif et à l’attraction de capitaux technologiques étrangers. C’est ce modèle que le Cameroun entend étudier pour renforcer ses propres instruments de contrôle, notamment dans quatre domaines jugés prioritaires : la cybersécurité, la fiscalité numérique, la protection des données personnelles et la régulation des grandes plateformes technologiques.

Des échanges techniques et institutionnels ont été conduits entre responsables des deux pays en vue d’identifier des axes de coopération concrets. L’objectif déclaré est double : améliorer les mécanismes de surveillance du marché et élever la qualité des services rendus aux consommateurs.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte de progression soutenue de la connectivité au Cameroun, portée par la hausse des taux de pénétration mobile et Internet, la généralisation du smartphone et l’essor des services de mobile money. Le numérique est désormais positionné par les autorités comme un vecteur stratégique de croissance, ce qui rend d’autant plus urgente une mise à niveau du cadre réglementaire.

Le rapprochement avec le Nigeria pourrait par ailleurs permettre au Cameroun d’anticiper des défis encore émergents sur le marché local : gouvernance des données, encadrement des géants technologiques et lutte contre la cybercriminalité.

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