La commune de Doumaintang, dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est du Cameroun, vient de lancer un ambitieux projet de production de gingembre sur une superficie de 10 hectares. Portée par la municipalité, cette initiative a été précédée par des sessions de formation destinées aux agriculteurs locaux sur les techniques de culture de cette racine à forte valeur marchande.

À terme, la mairie entend faire de cette exploitation une banque stratégique de semences destinée à approvisionner les producteurs de la région de l’Est. L’objectif est que la biomasse produite permette de diffuser, dans les différents villages de l’arrondissement, des variétés améliorées issues de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), afin de familiariser davantage les populations locales avec cette culture à haut rendement.

Après la phase de formation, la distribution des semences aux agriculteurs se fera selon des modalités concertées, de manière à couvrir les charges engagées tout en garantissant la rentabilité de la chaîne de valeur.

Dans cette dynamique, un partenariat est actuellement en cours de finalisation avec des opérateurs étrangers afin de connecter la filière gingembre de la région de l’Est à des circuits d’exportation pérennes. En concertation avec les populations, la mairie de Doumaintang prévoit également de définir un mécanisme de distribution des semences conciliant viabilité financière de la commune et rentabilité pour les producteurs et les ménages.

« Pour disposer d’un espace parfaitement optimisé et techniquement préparé, nous avons sollicité l’expertise du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema). Grâce à la location d’engins lourds adaptés, nous avons procédé au dessouchage et à l’aménagement d’un site pilote de près de 10 hectares. Toutefois, je tiens à préciser que nous refusons la logique de l’assistanat. Bien qu’il s’agisse d’une initiative communale adoptée par le conseil municipal, ce projet mobilise d’importantes ressources publiques », explique Honoré Koumé, maire de la commune de Doumaintang.

Au Cameroun, plus de 80 % de la production de gingembre est exportée à l’état brut, entraînant une importante perte de valeur ajoutée pour l’économie nationale. Sur le marché local, ce produit connaît régulièrement des flambées spéculatives. Le sac de 125 kg, vendu habituellement autour de 45 000 FCFA, peut atteindre entre 140 000 et 200 000 FCFA, tandis que le kilogramme se négocie entre 4 000 et 5 000 FCFA.

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