Doté d’un financement de 58,8 milliards de FCFA (environ 98 millions de dollars) sur dix ans, ce programme de mécanisation agricole entend bénéficier à près de 2,6 millions de personnes. Il cible un secteur longtemps pénalisé par un sous-investissement chronique, malgré son poids déterminant dans l’économie du pays.
Au cœur du projet figure un vaste déploiement d’équipements modernes. Au total, 850 tracteurs entièrement équipés et 5 925 unités de matériel agricole seront mis à la disposition de 418 000 ménages agricoles. L’objectif affiché est double : améliorer significativement les rendements et alléger la pénibilité du travail dans les exploitations. Le programme prévoit également la restauration et l’aménagement de 335 800 hectares de terres arables, afin de favoriser une transition progressive vers une agriculture mécanisée et productive.
Mais l’ambition du partenariat va au-delà de la seule production agricole. Il intègre un important volet industriel destiné à renforcer la transformation locale. Sept usines d’égrenage de coton, dix stations de traitement du café et quatre unités de transformation du manioc seront ainsi déployées dans les différentes régions du pays. À ces infrastructures s’ajoutent cent unités communautaires, quatre centres de mouture et des installations de nettoyage répondant aux normes d’exportation.
Cette stratégie vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Selon la Banque africaine de développement, l’agriculture représente près de 40 % du PIB centrafricain et emploie environ 70 % de la population active. Toutefois, l’insuffisance des infrastructures de transformation limite encore fortement le potentiel d’exportation du pays.
Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures publiques. En parallèle, les autorités ont conclu un autre accord avec des partenaires britanniques dans le secteur des transports. D’un montant de 18 milliards de FCFA (environ 30 millions de dollars), il prévoit l’acquisition de 300 autobus d’une capacité moyenne de 60 passagers, destinés à améliorer la mobilité urbaine.


