L’Assemblée Générale constitutive tenue le 21 mai 2026 à Douala a officialisé la naissance de Samba Assurances Cameroun SA. Cinquante-neuf actionnaires, répartis entre 75 % de personnes morales et 25 % de personnes physiques, ont souscrit au capital de la société. Une partie d’entre eux a libéré sa contribution auprès d’institutions financières au Gabon, l’autre auprès d’établissements camerounais.
La société s’inscrit dans la stratégie d’expansion régionale de Samb’a Finances Holding. Le groupe gabonais est à l’origine de Samb’a Assurances Gabon, première société de micro-assurance en Afrique centrale agréée par la CIMA, dont les activités ont débuté en septembre 2024. Son conseil d’administration avait approuvé dès juin 2025 le principe d’une implantation au Cameroun et en République démocratique du Congo.
Une gamme tournée vers l’économie réelle
La palette de produits que Samba Assurances Cameroun SA entend proposer épouse la structure économique du pays. La société sollicitera des agréments pour couvrir les accidents corporels, la santé, la perte de récolte, la mortalité du bétail, la pêche, les autres risques agricoles, les dommages aux biens ainsi que le décès, qu’il soit individuel ou collectif. Ces orientations tiennent compte du poids de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche dans le tissu économique camerounais.
Sur le volet protection des personnes, les formules ne dépasseront pas 42 000 FCFA de prime annuelle, soit 3 500 FCFA par mois. Cette stratégie cible les populations à revenu modeste, encore largement ignorées par les assureurs traditionnels, davantage tournés vers les clients aux primes élevées, notamment les travailleurs informels, les petits commerçants et les agriculteurs.
La question de la rentabilité d’un modèle fondé sur des primes aussi faibles est centrale. Le plan d’affaires présenté lors de l’Assemblée table sur un chiffre d’affaires de 600 millions de FCFA dès la première année d’exploitation, avec une progression attendue jusqu’à 1,8 milliard de FCFA au terme de cinq années. Le résultat net sera déficitaire en première année, à hauteur de -117 millions de FCFA, en raison des investissements de démarrage. L’équilibre est attendu en cours de troisième année, avec un résultat projeté de 240 millions de FCFA à horizon 2031, un ratio sinistres sur primes (S/P) cible de 32 % et des frais généraux contenus en dessous de 25 %.
Un calendrier réglementaire en quatre temps
La constitution juridique de la société ouvre désormais la voie à un parcours réglementaire balisé. La période de souscription au capital a précédé l’Assemblée Générale constitutive du 21 mai 2026. La prochaine étape sera le dépôt d’un dossier de demande d’agrément auprès de la Direction Nationale des Assurances du Cameroun. Si le processus se déroule selon le calendrier prévu, un avis favorable de la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA) pourrait intervenir en août 2026, pour un démarrage commercial en 2027.
Dans le même temps, la maison mère poursuit sa montée en puissance. Samb’a Assurances a annoncé son intention d’introduire ses titres en Bourse sur la BVMAC, marché financier de la zone CEMAC, avec pour conseil Horus Investment Capital, dans le but de renforcer ses fonds propres et d’accélérer son expansion régionale. La filiale camerounaise s’inscrit dans ce mouvement d’ensemble, celui d’un groupe qui entend faire de la micro-assurance un segment structurant du secteur financier en Afrique centrale.
Rappelons que le marché camerounais affichait un chiffre d’affaires de 285 milliards de FCFA au 31 décembre 2024. Si l’assurance-vie tire cette progression, la branche non-vie ne croît que marginalement, malgré sa taille majoritaire, laissant un espace que Samba entend précisément occuper.


