La place boursière de la CEMAC a rendu une copie contrastée lors de sa session de ce mercredi 4 mars 2026. L’indice BVMAC All Share Index a achevé sa course à 1 074,33 points, marquant une stabilité qui cache pourtant des mouvements de rééquilibrage interne. La capitalisation boursière du compartiment actions a subi une légère correction pour s’établir à 477,747 milliards de francs CFA. Ce retrait, bien que symbolique, trouve son origine dans la performance de la Société Africaine Forestière et Agricole du Camroun, Safacam, dont le cours a affiché un repli technique de 0,003 % pour clôturer à 30 001 francs CFA.
L’animation du marché s’est concentrée sur un noyau restreint de valeurs. Safacam a dominé les échanges avec 442 titres ayant changé de mains pour une valeur globale de 13,26 millions de francs CFA. Elle est suivie de près par La Régionale Épargne et Crédit qui confirme son statut de valeur de rendement active avec 150 actions échangées au prix stable de 42 000 francs CFA. À elles seules, ces deux entités ont capté l’essentiel du flux financier de la journée, illustrant une concentration de la liquidité qui interroge sur la profondeur réelle du marché pour les autres émetteurs inscrits à la cote.
Le carnet d’ordres révèle une situation d’attente prolongée pour les investisseurs positionnés sur la Société des Eaux Minérales du Cameroun et la Socapalm. Malgré la présence de 78 intentions d’achat sur SEMC et 204 sur Socapalm, aucune transaction n’a pu aboutir. Ce blocage structurel s’explique par une divergence persistante entre les espérances des acheteurs et les exigences des vendeurs, les premiers refusant de s’aligner sur les cours de sortie proposés. Cette incapacité du marché à faire converger l’offre et la demande sur ces valeurs historiques témoigne d’un manque de teneurs de marché capables de fluidifier les échanges.
Du côté de la dette souveraine et privée, le constat est plus sévère. Malgré un encours total de titres obligataires dépassant les 1 423 milliards de francs CFA, le compartiment est resté totalement aphone. Aucune des trente-trois lignes de cotation, qu’il s’agisse des obligations du Trésor camerounais, gabonais ou des titres de la BDEAC, n’a enregistré le moindre mouvement. Ce compartiment demeure dominé par une stratégie de conservation des titres jusqu’à leur échéance, privant la place financière d’un marché secondaire dynamique pourtant essentiel à la gestion active des portefeuilles institutionnels.
En fin de séance, la physionomie globale du marché souligne la prudence des opérateurs. Si les fonds communs de placement, notamment ceux gérés par Harvest Asset Management ou Africa Bright, affichent des valeurs liquidatives orientées à la hausse, le marché central attend un catalyseur capable de réduire les spreads sur les actions et de réveiller enfin le compartiment obligataire. En l’absence de nouvelles annonces de dividendes ou de nouvelles introductions, la BVMAC semble condamnée à une oscillation horizontale à court terme.


