Malgré des ressources naturelles parmi les plus abondantes du continent et des milliards investis dans les infrastructures, l’Afrique centrale reste l’une des sous-régions les moins intégrées économiquement. Entre ses six États, la circulation des biens se heurte à un triptyque d’obstacles bien documentés : barrières non tarifaires, coûts logistiques prohibitifs et frictions persistantes dans les paiements transfrontaliers. La ZLECAf offre un cadre normatif ambitieux, mais sans écosystèmes financiers et logistiques opérationnels, ses dispositions resteront lettre morte pour la majorité des PME de la sous-région.
Régler en monnaie locale, un changement de paradigme
La présence de Mike Ogbalu, directeur général du Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), comme keynote speaker du Kick-Off, traduit une conviction des organisateurs : « tant que les transactions entre pays africains transitent par le dollar ou l’euro, elles supportent des coûts qui érodent les marges et dissuadent les échanges », soutien Carole Mbessa Elongo, Présidente du Pro Meet Up. Opéré sous l’égide d’Afreximbank, le PAPSS permet le règlement des transactions intra-africaines directement en monnaies locales, court-circuitant les correspondants bancaires étrangers. Pour une sous-région où la majorité des paiements commerciaux transfrontaliers passent encore hors du continent, ce mécanisme représente un changement structurel de premier ordre.
Le volet sectoriel réunit les directions générales des principales infrastructures camerounaises dont les Ports de Douala et Kribi, la Cameroon Airlines, le Conseil National des Chargeurs, Transporteurs Terrestres, dans une approche délibérément multimodale. Les projections de l’UNECA sont explicites. La pleine mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître le commerce intra-africain de 50 à 100 %. Capter ce potentiel suppose des avancées simultanées sur la logistique, les paiements et la gouvernance des corridors.
Le processus du PML5 s’étend sur trois mois en cinq phases. Sa crédibilité se mesurera à un indicateur simple : transformer la concertation en feuille de route assortie d’engagements vérifiables, et non en recommandations bien rédigées destinées à rester dans un tiroir.

