Le ministère des Mines et des Hydrocarbures de Guinée Équatoriale a validé l’accord d’amodiation portant sur le bloc offshore EG-08. Cette approbation réglementaire acte l’entrée officielle de Fuhai (Beijing) Energy aux côtés d’Antler Global, filiale associée du groupe britannique Europa Oil & Gas coté sur l’AIM londonien.
Un verrou demeure : l’autorisation d’investissement direct à l’étranger que doivent délivrer les autorités de la province chinoise du Shandong. Ce feu vert levé, les partenaires pourront mobiliser un appareil de forage pour le puits Barracuda-1, dont le démarrage est prévu au plus tôt en début d’année 2027.
Le cœur de cet accord repose sur un mécanisme de portage avantageux pour les compagnies indépendantes. Fuhai acquiert 40 % des intérêts dans le contrat de partage de production du bloc. En contrepartie, le groupe chinois prend en charge jusqu’à 95 % des coûts du premier puits d’exploration, dans la limite de 53 millions de dollars, les 5 % restants incombant à Antler.
Tout dépassement au-delà de ce plafond sera supporté à parts égales entre les deux partenaires. Antler Global conserve 40 % des parts ainsi que le rôle d’opérateur, tandis que la compagnie nationale GEPetrol maintient ses 20 % au titre de la participation d’État, sans mise de fonds. En cas de découverte commerciale, Fuhai récupérera prioritairement ses investissements, assortis d’un intérêt plafonné à 5 % par an, lequel sera annulé en l’absence de découverte exploitable. Ce montage réduit considérablement l’exposition financière d’Antler et, par extension, d’Europa face aux coûts élevés du forage offshore.
Un potentiel gazier à confirmer
Le bloc EG-08, situé dans la portion équato-guinéenne du bassin sédimentaire de Douala par 80 mètres de fond, couvre 731 km². Les campagnes de sismique 3D ont mis en évidence trois structures à fort potentiel. Le prospect Barracuda est le plus avancé, avec des ressources prospectives estimées à environ 893 milliards de pieds cubes de gaz équivalent. Au total, le bloc pourrait receler près de 2,2 trillions de pieds cubes selon les données d’Europa.
Le groupe vise un premier forage en début d’année 2027, sous réserve de l’obtention de l’autorisation ODI et de la mise sous contrat d’un appareil de forage. Les équipes techniques travaillent déjà à la planification de la campagne. Le projet bénéficie par ailleurs de sa proximité immédiate avec les infrastructures opérées par Chevron, ce qui réduira les coûts de développement et accélérera une éventuelle mise en production.
Pour Malabo, le succès de Barracuda s’inscrit dans un contexte d’urgence. La Guinée Équatoriale subit depuis quinze ans le vieillissement naturel de ses champs historiques. Sa production de brut s’est effondrée à 55 000 barils par jour en 2023, contre 241 000 barils en 2010, selon les données de l’OPEP. Le décrochage a précipité le retrait d’ExxonMobil, qui a cédé ses actifs à GEPetrol en 2024 après près de trois décennies dans le pays.
Selon la Banque africaine de développement, les hydrocarbures représentent encore 42 % du PIB national, 95 % des exportations et 90 % des recettes publiques, une dépendance qui place le moindre signal de reprise sous haute tension politique. En réponse, les autorités ont lancé EGRonda 2026, vaste cycle d’octroi de licences prévu entre avril et novembre 2026, avec 24 blocs ouverts aux investisseurs. La réussite de l’accord sur le bloc EG-08 sert de signal fort pour démontrer la compétitivité du secteur offshore équato-guinéen à l’heure où Malabo cherche à reconquérir les capitaux internationaux.
Lovely ZANG

