C’est via son compte X le 16 juin que le Vice-président de la République, Teodorín Nguema, a officialisé l’information. Selon lui, le Premier ministre, chargé de la coordination administrative, « a présenté ce mardi [16 juin 2026, Ndlr] au Président de la République la démission, en bloc, de tout le gouvernement », au motif que « le niveau de réalisation des objectifs fixés n’a atteint que 10 % ».
Le Vice-président a précisé que cet acte « répond au principe selon lequel la responsabilité dans la gestion publique doit s’accompagner de résultats », dans la mesure où « l’État met à la disposition du gouvernement d’importantes ressources humaines, matérielles et financières pour répondre aux besoins de la population ».
Un précédent récent
Cette démission collective n’est pas sans précédent. En juillet 2024, le gouvernement de Manuela Roka Botey, première femme à occuper la fonction de Premier ministre en Guinée équatoriale, avait été contraint de remettre sa démission à la demande du président Obiang, dix-huit mois seulement après sa nomination. Le chef de l’État avait alors dénoncé l’« incapacité collective » de l’équipe sortante face à des problèmes jugés critiques : l’économie, la cohésion sociale et la lutte contre la corruption. Manuel Osa Nsue Nsua, alors directeur de la Banque nationale (BANGE) depuis 2012, avait été désigné pour le remplacer par décret du 16 août 2024.
Ce nouveau départ forcé intervient dans un contexte où la Guinée équatoriale peine à traduire ses ambitions de diversification économique en résultats concrets. Le pays mise sur l’Agenda Guinée Équatoriale 2035 pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures et développer des secteurs comme l’agriculture, la pêche, le tourisme et les infrastructures. Des initiatives sectorielles récentes, propriété intellectuelle en mars 2026, Vision 2030 de lutte contre le paludisme, illustrent cette volonté, sans que les indicateurs macroéconomiques ou les conditions de vie de la population de près de 1,9 million d’habitants en attestent nettement.
La démission en bloc souligne la culture de responsabilité que le régime de Malabo revendique, tout en interrogeant la continuité des politiques publiques : chaque alternance gouvernementale impose, de fait, une période de rodage au détriment de l’action structurelle. Les observateurs attendent désormais la désignation d’un nouveau Premier ministre et la composition d’un gouvernement qui devra, pour la troisième fois en six ans, relancer une transformation économique qui tarde à se matérialiser.
