L’Afrique s’impose comme la championne du fret aérien en 2025. Avec une hausse de 6 % de ses volumes transportés, le continent surpasse la moyenne mondiale de 3,4 %, selon l’Association du transport aérien international (IATA). En décembre 2025, période cruciale des fêtes, les compagnies africaines ont enregistré un bond de 10,1 % en glissement annuel. Cette performance place l’Afrique en tête des régions du monde, devant l’Asie-Pacifique (8,4 %) et loin devant l’Europe (2,9 %) ou l’Amérique du Nord (1,3 %).
Cette trajectoire n’est pas fortuite. Le continent a maintenu une croissance à deux chiffres presque constante : 11 % en août, 14,7 % en septembre, 16,6 % en octobre et 15,6% en novembre. Cette vigueur contraste avec la part modeste de l’Afrique dans le trafic mondial (2,1 %), mais révèle un dynamisme structurel porté par l’intégration aux chaînes d’approvisionnement globales.
L’Afrique, bénéficiaire des tensions USA-Asie
Willie Walsh, DG de l’IATA, souligne que « la vigueur du commerce électronique a stimulé les volumes », malgré la hausse des droits de douane et la suppression des exemptions de minimis aux États-Unis. Ces mesures ont provoqué un basculement des flux : la route Asie-Amérique du Nord s’est repliée (-1,3 %), au profit des corridors Asie-Europe et Moyen-Orient-Asie. « Le fret aérien s’est adapté pour soutenir les chaînes d’approvisionnement qui ont anticipé les hausses de tarifs », explique M. Walsh. Dans cette redistribution des cartes, l’Afrique tire profit de la saturation des axes traditionnels, notamment via le corridor Afrique-Asie qui affiche des gains notables.
Les capacités africaines ont progressé de 7,8 % sur l’année, témoignant des investissements des compagnies dans leurs flottes cargo. Cette anticipation est stratégique alors que l’IATA prévoit une croissance mondiale plus modérée de 2,4 % en 2026. Pour l’Afrique, le défi sera de transformer cet élan en position durable en renforçant ses infrastructures aéroportuaires et ses connexions intercontinentales.

