Éric Gervais Ndo trône désormais à la tête du Conseil Régional du Sud. Loin du tumulte et des orgies politiques, le nouveau président de l’institution a officiellement pris fonction vendredi 23 janvier 2026, lors d’une cérémonie d'installation très suivie à la place des fêtes de Nko’ovos, à Ebolowa. Passé le cap protocolaire, la tâche qui attend le Président du Conseil régional du Sud est immense. Il doit trouver, dans des délais raisonnables, des réponses aux nombreuses attentes des populations en lançant des chantiers visibles.

Parlant des attentes des populations, celles-ci se dénombrent sur plusieurs fronts prioritaires : infrastructures et désenclavement, développement économique et agricole, santé et éducation, gestion durable des ressources naturelles. Si le candidat avait déjà présenté une vision ambitieuse pour la région, axée sur ce qu’il a qualifié de « considérations introductives au développement de la région du Sud », les populations, quant à elles, veulent juger le maçon au pied du mur.

La région du Sud qui couvre une superficie de 47 110 km² est la quatrième plus grande du pays, derrière les régions de l’Est, de l’Adamaoua et celle du Nord. Le président du Conseil régional du Sud (CRS) hérite ainsi d’un territoire au fort potentiel en termes de forêts, d’agriculture et de face maritime. Il est attendu sur le désenclavement des bassins de production dans les départements de la Mvila, du Dja-et-Lobo, de l’Océan et de la Vallée du Ntem.

Avec plus de 500.000 hectares de terres arables encore non exploitées, le Sud est un vivier agricole en friche même si des cultures de rentes comme le cacao, le palmier à huile, l’hévéa ou la banane-plantain y sont fortement ancrées. Le principal frein au développement de la région reste l’état déplorable des routes, qui entrave l’écoulement des productions agricoles et l’accès aux marchés. L’entretien du réseau routier régional et la réhabilitation des axes clés doivent figurer parmi les priorités, pour amorcer le développement économique et agricole.

En éducation, la construction et l’équipement des lycées et des centres de formation répondent à un besoin pressant de la jeunesse. Dans la ville portuaire de Kribi par exemple, le lycée technique bilingue, le plus important de la région sur le plan des effectifs, ploie sous une précarité déconcertante. Un encadreur fait savoir sous cape que « les ateliers pour la pratique, lorsqu’ils n’existent pas simplement, sont sous équipés. » Par ailleurs, les élèves continuent de prendre des cours dans des salles de classe faites de déchets de bois, et au sol non recouvert.

Pour ce qui est de la santé et de l’environnement, les hôpitaux régionaux d’Ebolowa et de Kribi manquent toujours d’un plateau technique adéquat (équipements modernes, spécialistes et médicaments.) Ces lacunes freinent l’accès aux soins dans une région où les distances et les routes dégradées aggravent les urgences. De son côté, la façade maritime de la région étalée sur la zone de Kribi est en proie à l’érosion et nécessite la construction d’une digue de protection.

Le nouveau président est aussi attendu sur le terrain de la transparence dans la gouvernance financière et la mise en œuvre du plan régional de développement

(PRD) 2022-2026.

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