La ville de Yaoundé devient le centre des réflexions sur les services essentiels du continent du 9 au 13 février 2026. Le 23ᵉ Congrès International et Exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) se tient sous le thème : « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique ». Cette rencontre intervient dans une période où l’accès aux ressources hydriques et aux systèmes d’épuration constitue une problématique majeure pour les zones urbaines et rurales. L’objectif fixé par l’ODD 6 pour l’horizon 2030 impose une accélération des investissements face à une croissance démographique soutenue et une urbanisation rapide.
En effet, les infrastructures actuelles subissent la pression de la variabilité climatique et des contraintes d’exploitation. Le rassemblement de la capitale camerounaise mobilise des décideurs politiques, des opérateurs techniques, des institutions financières et des chercheurs. La plateforme vise la coordination des politiques publiques et l’optimisation des solutions opérationnelles.
Selon Dr Blaise Moussa, Président du Comité local d’organisation, l’ambition de Yaoundé 2026 est définie par une exigence de résultats : « Nous voulons des solutions applicables, des partenariats utiles et des engagements suivis. L’eau et l’assainissement ne doivent plus être un luxe pour certains et un combat pour d’autres ». Cette approche dépasse la simple construction d’ouvrages pour intégrer la pérennité du service. Le responsable précise qu’il « faut aussi garantir la maintenance, la qualité, la continuité et l’accessibilité financière ».
Le programme scientifique et technique prévoit des centaines de communications portant sur la performance des réseaux, la réduction des pertes, la digitalisation et la gouvernance. Un volet spécifique est consacré à l’intégration des travaux de recherche universitaire dans les cycles d’exploitation des opérateurs. Le forum académique prévu en amont de l’événement cherche à transformer les innovations de laboratoire en outils de gestion quotidienne pour les populations.

Intégration de l’assainissement et mécanismes de mise en œuvre
Le congrès de Yaoundé marque une volonté de repositionner l’assainissement au centre des priorités continentales. Ce secteur, souvent secondaire dans les budgets publics, impacte directement la santé publique et la productivité économique. Les échanges portent sur le traitement des déchets, la gestion des boues de vidange et la planification urbaine. Les carences en systèmes d’assainissement engendrent des coûts élevés liés aux dépenses de santé et à la dégradation de l’environnement. L’événement favorise l’émergence de modèles adaptés aux réalités économiques locales.
Cette édition s’appuie sur les conclusions des rencontres précédentes d’Abidjan et de Kampala. Si les sessions passées ont identifié les obstacles structurels tels que le déficit de financement et les failles de gouvernance, le rendez-vous de Yaoundé se concentre sur le passage aux mécanismes d’action. Le benchmarking des pratiques professionnelles et les rencontres d’affaires visent la signature de contrats et le transfert de technologies. L’enjeu réside dans l’amélioration concrète des indicateurs : augmentation du nombre de branchements, régularité de la distribution et soutenabilité des tarifs.
Les visites techniques organisées durant la semaine permettent d’observer des réalisations concrètes afin de favoriser leur reproduction dans d’autres contextes géographiques. Les organisateurs soulignent que la réussite du congrès dépend de la perception du changement par les citoyens. « Notre objectif est que les conclusions de Yaoundé se traduisent en actions visibles. Les citoyens doivent ressentir les effets de nos décisions », affirme Dr Blaise Moussa. Le cadre de l’AAEA réaffirme la dimension stratégique de ces services pour la stabilité sociale. Dr Moussa conclut sur la portée de ces enjeux : « Quand l’eau manque ou que l’assainissement est absent, c’est la santé, l’école, l’économie et la paix sociale qui sont fragilisées ». La finalité de cette mobilisation africaine demeure la transformation des engagements institutionnels en services effectifs et durables.