Recruté en septembre 2025 comme chargé d’affaires senior CEMAC, Joseph Mophu a rapidement accédé au poste de Vice-président de la Banque d’investissement Afrique Francophone, avant d’être porté, le 11 mai 2026, à la direction par intérim d’EDC Investment Corporation CEMAC, filiale de banque d’investissement et société de bourse du groupe Ecobank dans la sous-région. Trois fonctions en huit mois. Le rythme peut surprendre. Il s’explique, à la lecture de son parcours, moins par la précipitation que par une adéquation rare entre le profil du candidat et les ambitions stratégiques de la structure.
Un profil taillé pour les marchés de capitaux
Titulaire d’un MBA de l’Université du Pays de Galles, Joseph Mophu cumule trois certifications professionnelles de premier rang : le Certified Management Accountant (CMA), délivré par l’IMA aux États-Unis ; le Master Analyst in Financial Forensics (MAFF) et le Certified Valuation Analyst (CVA), tous deux obtenus auprès du NACVA. Il est par ailleurs candidat au titre de Chartered Business Valuator (CBV) auprès du CBV Institute au Canada, désignation de référence en évaluation d’entreprises dans l’espace anglo-saxon.
Ce portefeuille révèle une spécialisation délibérée et cohérente, articulée autour de trois axes dont la comptabilité de gestion, la valorisation d’entreprises et la forensique financière. À ces certifications s’ajoutent plus de vingt-deux ans d’expérience auprès d’entreprises privées et publiques dans des secteurs variés, avec une expertise revendiquée en modélisation financière complexe, fusions-acquisitions, gestion de projets et développement stratégique.
Ce curriculum entre en résonance directe avec la vocation d’EDC Investment Corporation. La filiale, positionnée comme acteur de référence sur les marchés de capitaux en Afrique centrale, ambitionne de se renforcer sur les opérations de développement corporatif, un registre qui croise précisément les compétences en évaluation d’entreprises, en analyse forensique et en finance de transaction que Joseph Mophu a cultivées sur deux décennies.
EDC Investment Corporation est la branche banque d’investissement et société de bourse du groupe Ecobank Transnational Incorporated (ETI). Seule structure bancaire disposant d’une présence de courtage à la fois en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, elle intervient dans le conseil en transactions, les fusions-acquisitions et les privatisations, dans des secteurs aussi divers que les télécommunications, les mines et les transports. Sa filiale de gestion d’actifs, EDC Asset Management CEMAC, fondée à Douala en 2019, opère sur le segment de la gestion de patrimoine et des fonds communs de placement, dont le FCP Ecobank Obligataire CEMAC.
Cette architecture de marché s’appuie sur un groupe en nette progression. ETI a affiché en 2025 un bénéfice avant impôt de 801 millions de dollars, en hausse de 21 %, avec un coefficient d’exploitation passé sous la barre des 50 % pour la première fois en dix ans. Au niveau local, Ecobank Cameroun a dégagé un résultat net de 27,29 milliards de FCFA, en progression de 30 % sur un an, un record historique pour la filiale.
Une vision dans la continuité, sur un terrain en mutation
Joseph Mophu ne compte pas rompre avec la dynamique de son prédécesseur. « Ma vision est dans la continuité de Guy Stéphane Gbla, celle de positionner EDC dans la zone CEMAC comme leader en développement corporatif auprès des holdings, des sociétés familiales et des grandes corporations, tout en jouant un rôle de premier plan auprès des gouvernements pour les opérations de levée de fonds, de titrisation et de mise en place de modèles d’affaires PPP », a-t-il déclaré à L’Économie.
L’ambition tombe à point nommé. En février 2025, la CEMAC a adopté une directive relative aux partenariats public-privé, visant à harmoniser les pratiques des États membres et à accélérer l’intégration régionale par le financement d’infrastructures. Pour EDC, ce nouveau cadre réglementaire constitue une fenêtre d’opportunité, celle de s’imposer comme structureur de référence sur des opérations de grande envergure à l’échelle de la sous-région.

