La Société nationale des hydrocarbures (SNH) a lancé le 1er août 2025, un « Licensing Round (tour d’attribution de licences) de 9 blocs libres du domaine pétrolier et gazier national. Il s’agissait de Ndian River (4 puits), Bolongo Exploration (3 puits) Bakassi dans le bassin du Rio del Rey (4 puits) Etinde Exploration (6 puits), Bomono (29 puits), Nkombe-Nsepe (21 puits), Tilapia (11 puits), Ntem (1 puit), Elombo (6 puits) dans le bassin du DKC the Douala / Kribi-Campo (DKC). Soit un total de 85 puits à explorer et à exploiter. « Tous les neufs blocs en promotion sont à proximité de puits de production existants, et sont couverts par des données sismiques (2D/ 3D), des puits précédemment forés, des découvertes de puits incluant des prospects identifiés et des prospects vierges (pas encore forés) » soulignait la SNH.
Dans un communiqué publié le 24 avril 2026, Adolphe Moudiki, Administrateur, directeur général de la SNH a rendu public le résultat de l’appel à manifestation d’intérêt susmentionné. Il ressort que sur les neufs blocs proposés, cinq blocs ont été retenus. La société américaine Murphy Oil Corporation, à travers sa filiale Murphy West Africa Ltd, obtient quatre blocs situés dans le bassin Douala/Kribi-Campo : Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. Murphy West Africa Ltd, spécialisée dans l’exploration pétrolière et gazière détient des intérêts dans plusieurs blocs en eaux profondes, notamment en Côte d’Ivoire (bassin de Tano) et en Guinée Equatoriale. La zone de Douala/Kribi-Campo, où Murphy West Africa concentrera ses activités, est largement considérée comme une province pétrolière offshore très prometteuse au sein du système plus large des bassins côtiers du Cameroun, avec un potentiel gazier notable bien qu’elle soit moins explorée que le bassin de Rio del Rey
La Société britannique, Octavia Energy Corporation quant à elle s’est vu attribuée le bloc Bolongo Exploration, dans le bassin du Rio del Rey. Cette zone est très productive et concentre une part importante de la production nationale. « Le Cameroun démontre une fois de plus qu’il est ouvert aux affaires et déterminé à exploiter son potentiel pétrolier et gazier. Des cycles d’octroi de licences comme celui-ci sont essentiels pour attirer les capitaux, la technologie et l’expertise nécessaires au développement efficace et responsable des ressources. Les investisseurs devraient considérer le Cameroun non seulement comme une opportunité, mais aussi comme un point d’entrée stratégique sur le marché énergétique plus large de l’Afrique Centrale », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.
Contrat de partage de production
Après cette sélection, Murphy West Africa et Octavia Energy Corporation vont négocier des contrats de partage de production (CPP) avec l’Etat. Dans cette étape, il sera question de fixer les conditions économiques, fiscales et opérationnelles des futurs contrats. Dans le contrat de partage de production, l’État conserve la propriété des ressources du sous-sol, tandis que l’opérateur privé finance les travaux d’exploration à ses risques. Si les recherches n’aboutissent pas à une découverte commercialement viable, l’investisseur supporte l’essentiel du coût. En revanche, en cas de succès, la production est partagée entre l’État et l’opérateur selon les modalités prévues dans le contrat.
Suivant les dispositions du Code pétrolier, l’Etat peut conclure des contrats pétroliers pour la recherche et l’exploitation. Ils peuvent être des contrats de concession, des contrats de partage de production, des contrats de services à risques.
La SNH qui a pour rôle de promouvoir et de valoriser les hydrocarbures liquides et gazeux avait martelé en août 2025 que la phase d’exploration des blocs Bolongo Exploration, Etinde Exploration , Tilapia, Ntem, et Elombo seront attribués pour une période initiale maximum de trois ans , renouvelable deux fois, pour des périodes de deux ans chacune. Le Cameroun envisage l’exploitation de 5 blocs pétroliers dans un contexte où les revenus issus des hydrocarbures ont régressé. Les recettes pétrolières du Cameroun ont accusé une baisse significative de 188,3 milliards de Fcfa entre 2023 et 2024, passant de 877,0 milliards FCFA à 688,7 milliards de Fcfa. Cette tendance baissière devrait se poursuivre jusqu’en 2027 selon les statistiques officielles.
« Alors que le Cameroun entre dans cette phase de développement en amont, les résultats du dernier cycle d’octroi de licences soulignent une orientation politique claire : approfondir les partenariats, améliorer l’attractivité des investissements et renforcer la position du pays en tant que destination stable et compétitive pour le pétrole et le gaz en Afrique » écrit la Chambre africaine de l’énergie.

