La place boursière de la CEMAC sort du coma grâce à une seule valeur. La séance enregistre 6 actions transigées pour 300 000 FCFA, après un 3 février à « zéro transaction ». SOCAPALM capte 100 % de l’activité avec un cours stable à 50 000 FCFA. Les cinq autres titres de la côte restent figés. Si ce mouvement sauve les apparences, il souligne l’extrême étroitesse d’un marché dont la capitalisation stagne à 477,7 milliards FCFA et l’indice All Share à 1 074,33 points.
Cette concentration révèle une double anomalie. D’abord, l’absence de rotation malgré des carnets actifs : SAFACAM affiche 178 actions demandées contre zéro offerte, tandis que La Régionale et SCG-Re saturent l’offre sans trouver preneur. Au total, le ratio demande/offre se dégrade à 1 pour 4,96 (contre 1 pour 4,4 la veille). Ces écarts de prix bloquent tout arbitrage. Ensuite, cette dépendance à SOCAPALM témoigne d’un marché mono-valeur, incapable de générer de la liquidité au-delà d’un titre dominant.
Le désert obligataire
Le compartiment obligataire cumule, lui, six séances consécutives sans transaction depuis le 23 janvier. Les 31 lignes, totalisant un encours de 1 305 milliards FCFA, n’attirent aucun flux malgré des rendements nets attractifs (5,8 % à 7,5 %), bien supérieurs à l’inflation régionale projetée autour de. 2,8 %. Les ordres persistent sur EGA12 ou ALIOS-05, mais sans jamais se rencontrer, faute de teneurs de marché.
Le refuge des OPCVM
Face à cette paralysie, les OPCVM confirment leur rôle de poumon financier. Le bulletin hebdomadaire montre des performances solides : FCP ASCA Patrimoine progresse de 0,08 % (+56,72 % depuis 2017) et FCP Makeda Horizon bondit de 0,25 %. Ces véhicules captent les flux que la cote officielle ne peut absorber, offrant la diversification qui fait défaut au marché actions.
Cette séance illustre le paradoxe de la BVMAC : disposer de fondamentaux réels, notamment dans l’agro-industrie, mais échouer à créer un écosystème liquide. Sans élargissement de la côte et mécanismes incitatifs pour diversifier les échanges, le marché restera suspendu aux humeurs d’une poignée de titres. SOCAPALM ne peut porter seule la dynamique d’une bourse régionale.


