La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale n’a guère vibré lors de cette séance du mardi 14 avril. Le BVMAC All Share Index s’est stabilisé à 1 147,20 points, reflétant un marché où l’attentisme dicte la conduite des opérateurs. Dans ce paysage feutré, seule la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) est parvenue à animer le compartiment actions : 38 titres ont changé de mains au prix stable de 55 000 FCFA, générant un flux de transactions de 2,09 millions de FCFA.
Un carnet d’ordres sous tension
Au-delà de ces échanges modestes, la véritable information se niche dans la structure du carnet d’ordres. Le marché se heurte à un déséquilibre structurel : l’offre ne rencontre pas la demande. Les investisseurs se pressent pour acquérir des titres Safacam ou SCG-Ré, mais les détenteurs actuels, rassurés par des fondamentaux solides, rechignent à céder leurs positions aux cours actuels. Ce hiatus entre prix d’achat et prétentions des vendeurs paralyse la liquidité immédiate, tout en confirmant le statut de valeur refuge que ces émetteurs ont acquis dans un contexte économique régional en quête de repères.
Le compartiment obligataire, dont l’encours dépasse 1 387 milliards de FCFA, est resté totalement inerte. Malgré la diversité des lignes souveraines — gabonaises, camerounaises et tchadiennes —, aucune transaction n’a été validée sur le marché secondaire. Cette léthargie récurrente reflète la stratégie des investisseurs institutionnels, qui privilégient le portage des titres jusqu’à leur échéance afin de capter l’intégralité du coupon, au détriment d’une dynamique d’échanges qui fluidifierait la circulation de la dette régionale.
Les OPCVM tirent leur épingle du jeu
La vitalité se déporte vers la gestion collective. Les OPCVM confirment leur pertinence : certains fonds affichent des performances cumulées depuis leur lancement dépassant 25 %, offrant une alternative crédible à la détention directe de titres. La gestion professionnelle semble mieux armée pour naviguer dans cette mer d’huile, en optimisant le placement des liquidités sur des maturités courtes et des instruments monétaires plus réactifs.
Une accumulation silencieuse
L’immobilité apparente de la BVMAC dissimule en réalité une accumulation de besoins de placement. La capitalisation boursière globale, stabilisée au-dessus de 500 milliards de FCFA, attend le catalyseur qui saura libérer le flottant et dénouer les positions en suspens. En attendant, le marché consolide ses acquis, porté par une Socapalm qui, à elle seule, aura incarné ce jour-là la résilience des valeurs de la zone CEMAC.


