Un volume de transaction de 42 996 FCFA. C’est le bilan squelettique de la séance de cotation de du mardi 2 juin 2026 à la BVMAC. Alors que l’indice global All Share Index fait du surplace à 1 130,81 points, le compartiment des actions révèle un mal profond : une crise de liquidité alimentée par un désaccord persistant sur la valeur des actifs. La physionomie du jour met en lumière un paradoxe frustrant pour la place financière de Douala. Les intentions de circularité des capitaux existent, mais elles se heurtent à un mur de prix.
Sur le titre BGFI Holding Corporation, la demande est pourtant au rendez-vous avec 2 104 actions recherchées par les investisseurs. En face, l’offre reste timide avec 120 titres disponibles. Pourtant, la ligne affiche zéro transaction à la clôture. Les acheteurs, espérant une décote, refusent de s’aligner sur le cours de référence de 82 000 FCFA, tandis que les détenteurs de titres campent sur leurs positions. Le scénario est rigoureusement inverse pour la Socapalm. Ici, ce sont les vendeurs qui cherchent la sortie avec 1 530 actions présentées sur le marché, face à une demande résiduelle de seulement 11 titres. Faute de concession sur le prix unitaire de 55 000 FCFA, l’émetteur agro-industriel camerounais subit lui aussi une séance blanche.
Cette rigidité s’étend au compartiment de la dette où les transactions sont restées au point mort. L’encours global se maintient certes à 1 444,9 milliards de FCFA, mais le carnet s’alourdit d’ordres sans contrepartie. Le cas d’Alios Finance est à ce titre emblématique : 17 700 titres de l’obligation privée ALIOS-05 cherchent preneurs à 100% du nominal, sans susciter le moindre intérêt en face. Du côté des obligations d’État, les acheteurs se positionnent exclusivement sur les signatures camerounaise (ECMR6 pour 1 000 titres demandés) et gabonaise (EGA12 pour 16 titres), mais les porteurs actuels préfèrent conserver leur papier, bloquant toute possibilité de flux secondaire.
La gestion collective pour amortir le choc
Dans ce paysage boursier figé, les investisseurs particuliers et institutionnels continuent de se tourner vers les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) pour capter de la performance résiduelle. Les derniers pointages au 29 mai mettent en évidence la trajectoire robuste du fonds obligataire FCP Cap Obligations (Africa Bright Asset Management), en progression hebdomadaire de 0,39%, ainsi que la résilience du FCP ASCA Patrimoine, dont la performance depuis l’origine culmine à 58,80%. À l’inverse, la volatilité des sous-jacents pèse légèrement sur le FCP Harvest Actions CEMAC, qui concède 0,13% sur sa dernière valeur liquidative connue.
Tant que les donneurs d’ordres n’intégreront pas une flexibilité dans leurs spreads de négociation, la BVMAC restera une bourse de positions plutôt qu’une bourse de flux.


