Zéro transaction, 477,75 milliards de FCFA de capitalisation figée et un indice All Share cloué à 1 074,33 points. À première vue, la place de Douala semble plongée dans une léthargie profonde. Pourtant, le Bulletin Officiel de la Côte n° 2448 révèle une mutation silencieuse du marché : pour la première fois, ce n’est plus le manque d’acheteurs qui paralyse la côte, mais le refus catégorique des détenteurs de titres de s’en séparer.

Le cas SAFACAM, titre que tout le monde veut, mais que personne ne vend, est symptomatique de ce « dialogue de sourds » financier. En seulement trois séances, la demande sur ce titre agro-industriel a bondi de 75 %, passant de 231 actions recherchées le 9 février à 405 ce jeudi. Face à cet appétit vorace, le carnet de l’offre reste désespérément vide. Même constat pour SOCAPALM, où 173 ordres d’achat restent en souffrance.

Ce phénomène de rétention massive suggère que les investisseurs actuels jugent les cours actuels (30 001 FCFA pour SAFACAM) bien en deçà de la valeur réelle ou des dividendes attendus. Dans une zone CEMAC en quête de diversification post-pétrolière, ces « blue chips » agricoles sont devenues des valeurs refuges que l’on thésaurise comme de l’or, transformant la bourse en un coffre-fort d’actifs illiquides.

Le compartiment C toujours silencieux

Le segment de la dette ne déroge pas à cette règle du silence. Pour la huitième séance consécutive, aucune transaction n’a été enregistrée malgré un encours colossal de 1 305 milliards de FCFA. L’ajustement technique des nominaux d’ALIOS Finance (division par deux pour ALIOS-04 à 2 500 FCFA) témoigne du respect des calendriers d’amortissement, mais ne suffit pas à réveiller le marché secondaire. L’offre massive de 20 000 titres sur ALIOS-05 à 100 % du nominal souligne l’absence de teneurs de marché (market makers) capables d’absorber les flux institutionnels.

Les OPCVM, soupapes de sécurité

Face à ce blocage du marché en direct, les Organismes de Placement Collectif (OPCVM) s’imposent comme les seuls moteurs de performance. Avec des hausses historiques dépassant les 49 % pour certains fonds (Atlantique Performance), la gestion collective capte l’épargne qui ne peut plus s’investir sur une côte officielle saturée. Pour la BVMAC, l’urgence de 2026 est claire : sans mécanisme d’ajustement des prix ou de nouvelles introductions, l’appétit des investisseurs finira par s’émousser face à un marché qui refuse de circuler.

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