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Opinions

Afrique : Une Nouvelle Architecture Financière, les femmes auront-elles voix au chapitre ?

(Leconomie.info) - Le 9 avril 2026, la Banque africaine de développement a ouvert à Abidjan un dialogue consultatif historique sur la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA). Une refonte ambitieuse, souveraine, attendue depuis longtemps. Pourtant, au cœur de cette révolution institutionnelle, la question de la place des femmes et des filles demeure une piste que ni les instruments ni les discours ne semblent encore vouloir éclairer pleinement.
La RédactionBy La Rédaction17 avril 2026Aucun commentaire7 Mins Read
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Quand l’Afrique décide de se financer elle-même

Le constat est saisissant. Le continent africain fait face à un déficit structurel de financement du développement dépassant 400 milliards de dollars par an. Pourtant, l’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique à moyen et long terme. Le problème n’est donc pas un manque de capital. Il est organisationnel, institutionnel, politique.

C’est précisément ce paradoxe que la NAFA entend résoudre. Lancée formellement par le président du Groupe de la Banque africaine de développement, le Dr Sidi Ould Tah, lors du dialogue d’Abidjan, la NAFA se présente comme une réorganisation délibérée de la manière dont l’Afrique mobilise, alloue et déploie ses capitaux pour le développement. Quatre axes la structurent dans la vision portée par la BAD depuis ses Assemblées annuelles de Brazzaville prévues du 25 au 29 mai 2026 sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».

Ce tournant marque une rupture avec la dépendance aux financements extérieurs, aggravée par les crises successives de la pandémie de Covid-19, des tensions géopolitiques mondiales et de la fragmentation du commerce international. Le Consensus d’Abidjan, issu du dialogue du 9 avril 2026, pose les bases d’une première génération d’instruments concrets : mécanismes de garantie, dispositifs de cofinancement et renforcement des fonds propres des institutions financières africaines. Une architecture de coordination permanente est en cours d’élaboration pour définir les rôles respectifs de la BAD et de ses partenaires institutionnels. Les consultations avaient été amorcées dès octobre 2025, témoignant d’une démarche méthodique et délibérée.

Le continent qui marche sur une jambe

Dans ce paysage en recomposition, la situation des femmes et des filles mérite un examen rigoureux. Selon l’Indice d’Inclusion des Femmes Africaines (AWII), développé par le Centre africain pour la transformation économique (ACET), la moyenne continentale en matière d’inclusion financière et économique des femmes a progressé de seulement 7,9 points en dix ans, passant de 45,6 en 2011 à 53,5 en 2022. Au rythme actuel, l’inclusion complète des femmes africaines ne serait atteinte qu’en 2093. Une date qui dit tout sur l’urgence du changement.

Les chiffres imposent l’inconfort. Les femmes représentent 58 % de la main-d’œuvre active africaine. Pourtant, seulement 30 % d’entre elles ont accès à des services financiers formels. Environ 89 % évoluent dans l’économie informelle, sans protection sociale ni accès structuré au crédit. Sur le plan politique, les femmes ne détiennent que 22 % des sièges parlementaires et 7 % des postes de direction au niveau continental. Or, combler l’écart entre les sexes dans l’emploi pourrait augmenter le PIB par habitant de l’Afrique d’au moins 14 %, selon les projections de l’ACET.

Lors du Dialogue ministériel organisé en marge de la 58e session de la Conférence des ministres africains des finances à Tanger en mars 2026, la ministre marocaine de l’Économie et des Finances, Nadia Alaoui, a formulé un diagnostic sans détour. Les femmes sont formées mais pas recrutées, recrutées mais pas promues, présentes mais non décisionnaires. Ce n’est pas un problème de vivier. C’est un problème de gouvernance. Une formulation qui devrait résonner jusqu’aux salles de conférence de Brazzaville.

Le numérique, cette promesse à double tranchant

La digitalisation financière offre au continent une opportunité inédite de contourner les verrous institutionnels traditionnels. En Afrique subsaharienne, la proportion de femmes disposant d’un compte financier a doublé en une décennie pour atteindre 49 % en 2021, portée par l’essor spectaculaire de la monnaie mobile. Au Cameroun, la possession d’un compte parmi les femmes est passée de 30 % en 2017 à 49 % en 2021, avec une progression de 26 points des seuls comptes mobile money. Au Kenya, l’usage du mobile money par les femmes dépasse désormais celui des comptes bancaires traditionnels, avec un taux de détention de 66 % pour M-Pesa contre 45 % pour la banque classique.

Une étude publiée par Springer Nature en 2025, portant sur 36 pays africains entre 2015 et 2021, confirme que l’inclusion financière numérique réduit significativement les inégalités de revenus entre les sexes dans l’ensemble des zones économiques du continent. La fintech, en permettant aux femmes d’épargner dans des instruments sûrs, confidentiels et adaptés à leurs besoins, abaisse structurellement le fossé d’inclusion.

Mais cette promesse est conditionnelle. La moitié des femmes d’Afrique subsaharienne demeurent non bancarisées. Quelque 37 % d’entre elles ne possèdent pas de téléphone mobile. Au-delà de l’accès au réseau, l’absence d’identité officielle constitue un verrou supplémentaire : une femme sur cinq parmi les non bancarisées cite l’absence de pièce d’identité comme obstacle principal. De surcroît, environ 35 % des femmes titulaires d’un compte mobile money déclarent ne pas pouvoir l’utiliser sans l’aide d’un tiers, les exposant à de nouvelles formes de dépendance et de vulnérabilité. La digitalisation, si elle n’est pas conçue avec une sensibilité de genre dès sa conception, risque de reproduire sous une forme technologique les mêmes exclusions structurelles qu’elle entend abolir.

Pour une souveraineté qui embrasse toutes ses citoyennes

La NAFA ne sera véritablement souveraine que si elle incorpore, dans ses mécanismes institutionnels et ses instruments financiers, une architecture de genre robuste et traçable. Plusieurs leviers s’imposent avec clarté.

Les fonds souverains africains, en cours de structuration ou de renforcement dans plusieurs pays, doivent intégrer des clauses de traçabilité genre dans leurs stratégies d’allocation. Les banques nationales et régionales de développement, appelées à jouer un rôle central dans la NAFA, doivent se doter de fenêtres de financement dédiées aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes. La BAD montre la voie avec son programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa), qui a récemment mobilisé l’équivalent de 32 milliards de francs CFA pour des PME féminines en Côte D’Ivoire.

La collecte de données désagrégées par sexe constitue un prérequis non négociable. Comme le soulignent la CEA et ONU Femmes Afrique, les données rendent les femmes visibles. Sans visibilité statistique, il n’y a ni politique ciblée ni évaluation rigoureuse de l’impact. Les mécanismes de suivi genre doivent être intégrés dès la conception des instruments, et non ajoutés en bout de chaîne comme un habillage rhétorique.

Enfin, la représentation des femmes dans les instances de gouvernance financière africaines doit faire l’objet d’engagements chiffrés et contraignants. Les assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville représentent une occasion précieuse d’inscrire ces engagements dans la feuille de route opérationnelle de la NAFA, au même titre que les instruments de garantie ou les mécanismes de cofinancement. L’Union africaine a lancé en 2020 la Décennie africaine pour l’inclusion financière et économique des femmes. La NAFA doit en devenir le bras financier le plus concret.

La révolution financière, ou l’occasion d’une génération

L’Afrique est à un carrefour rare. La NAFA offre une fenêtre historique pour rompre avec des décennies de dépendance externe et bâtir une architecture financière à la hauteur du potentiel souverain du continent. Mais une architecture qui oublie ses femmes, ses filles, ses millions d’entrepreneures informelles et ses travailleuses rurales, ne sera jamais qu’une construction à moitié achevée, solide en façade, fragile dans ses fondations.

La réforme financière africaine peut devenir une révolution sociale. Elle le sera si les décideurs qui se réunissent à Brazzaville en mai 2026 font de l'inclusion de genre non un objectif parallèle et facultatif, mais un pilier fondateur, quantifié et auditable. L’épargne africaine est immense. Le talent, la résilience et l’énergie économique des femmes africaines le sont tout autant. Il est temps que les deux se rencontrent enfin dans les mêmes instruments, les mêmes salles de décision, et le même horizon de prospérité.

Baltazar ATANGANA, Gender and Development Advisor

noahatango@yahoo.ca

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Afrique Femmes Inclusion des femmes
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