Sur les 75 entreprises étrangères enquêtées entre 2021 et 2025, sept sur dix ont confirmé avoir étendu leurs activités au Cameroun. C’est l’un des enseignements majeurs du rapport conjoint publié par l’Agence de promotion des investissements (API) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), dont les résultats ont été présentés le 9 juin 2026 à Yaoundé.
Le document dresse le portrait d’une base d’investisseurs matures, dont les ambitions de réinvestissement surpassent les engagements antérieurs. Les investissements passés des entreprises interrogées atteignent 86 milliards de dollars. Les réinvestissements annoncés pour les prochaines années s’établissent à près de 167 milliards de dollars (94 912 milliards de FCFA), un chiffre susceptible d’être revu à la hausse si l’on étend le périmètre à l’ensemble des entreprises à capital étranger opérant dans le pays.
La rétention, priorité stratégique
Le rapport pose une thèse claire : fidéliser les investisseurs déjà présents est au moins aussi décisif qu’en attirer de nouveaux. « Cela exige un focus systématique et soutenu sur l’accompagnement des investisseurs déjà présents », souligne l’ONUDI, qui appelle à une politique structurée d’aftercare, rétention, incitation au réinvestissement, création d’emplois et intégration dans les chaînes de valeur locales et régionales.
Pour Donatus Boma, directeur général par intérim de l’API, l’enquête fournit aux décideurs publics une boussole opérationnelle. « Ces entreprises étrangères aiment toujours investir au Cameroun. Elles veulent agrandir leurs investissements, créer des emplois. Mais elles ont besoin d’un accompagnement gouvernemental », a-t-il déclaré lors de la présentation.
Des obstacles structurels à lever
L’optimisme des chiffres ne masque pas les obstacles persistants. Lourdeurs administratives, déficit en infrastructures (énergie, logistique, zones industrielles) et insuffisance du suivi post-implantation figurent en tête des freins identifiés. Le rapport préconise en réponse le renforcement des mécanismes d’aftercare, une meilleure coordination entre l’État et le secteur privé, le développement des zones économiques spéciales et l’amélioration de l’accès à l’énergie.
La valorisation du positionnement régional du Cameroun est également mise en avant : hub naturel pour les marchés de la CEMAC, le pays dispose d’une base industrielle diversifiée et d’un tissu entrepreneurial dense, deux atouts que le rapport invite à mobiliser plus activement pour consolider son attractivité à l’échelle continentale.

