C’est depuis Douala, le 6 avril 2026, que les organisateurs du premier forum économique « Invest in Sanaga » ont tiré le bilan de deux journées de travaux intenses tenues à Édéa les 26 et 27 mars derniers. Face à la presse, Jacques Arthur Mbii, fondateur du Forum d’Engagement des Jeunes du Monde (FEJEM), et Yves-Bertrand Solanga, président de l’Association des Petites et Moyennes Entreprises du Cameroun (APEC), ont dressé un compte rendu de cette première édition placée sous le thème : « Structurer l’investissement local, créer l’emploi et bâtir une économie territoriale durable ». À leurs côtés, le parrain de l’événement, Me Jacques Jonathan Nyemb, avocat d’affaires et fondateur du think tank The Okwelians.
Plus de 500 exposants ont répondu présent à cette première édition Investir au Cameroun, témoignant d’un intérêt réel pour ce département du Littoral longtemps sous-valorisé malgré ses atouts considérables. Situé à 60 kilomètres de Douala, traversé par des corridors logistiques cruciaux reliant les capitales économiques et politiques du pays, le département dispose d’un potentiel agricole sous-exploité (hévéa, palmier à huile, manioc, cacao) et d’un patrimoine naturel méconnu.
C’est précisément ce paradoxe que Me Nyemb a placé au cœur de son intervention. Selon lui, « le choix de la Sanaga-Maritime s’explique par sa position géographique stratégique, au carrefour d’axes majeurs vers Douala, Kribi et Yaoundé ». La Sanaga-Maritime est une zone de forte production, mais souffre d’un déficit criant de transformation locale, avec des pertes post-récolte estimées entre 30 % et 35 %. L’échec de l’usine de transformation de manioc de Pouma est cité comme symptôme d’un mal structurel. Pour le parrain du forum, « il s’agissait d’une première étape d’un dialogue État-secteur privé-société civile », une dynamique qu’il entend désormais élargir en mobilisant ressources, expertises et partenariats.
La plateforme Invest in Sanaga, créée en partenariat avec l’APEC, vise à cartographier les richesses du département, identifier les blocages structurels et développer des filières porteuses dans l’agriculture, l’énergie et les transports. Yves-Bertrand Solanga a insisté sur l’enjeu d’inclusivité : « L’objectif est d’intégrer les petites entreprises, qui constituent 98 % du tissu économique camerounais, dans cette démarche majoritairement dominée par de grands groupes ». Une ambition qui résonne avec les appels à un investissement accru dans l’agro-industrie locale et la montée en gamme des chaînes de valeur que formulent depuis plusieurs années les observateurs du développement territorial au Cameroun.
La coalition Orca (The Okwelians, Remcess, la CNTC et Aivara) se dit prête à apporter un appui technique et financier à des projets jugés viables, avec l’objectif de faire émerger une économie territoriale plus robuste.

