L’échangeur trompette d’Obala (de par sa forme), inauguré le 10 novembre 2022 par Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics du Cameroun, est l’un des plus majestueux ouvrage du Cameroun. Il a pour objectif de fluidifier le trafic des automobiles à l’intersection des routes nationales N°4 – Yaoundé-Bafoussam-Babadjou et N°1, reliant Yaoundé à Kousséri en passant par Obala.
Cette infrastructure a été construite en 24 mois par l’entreprise CGCOC Group, sous la maîtrise d’œuvre technique du Groupement SAFEGE A.C./SAFEGE /SPEA, a bénéficié du soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD) pour un montant de 5,3 milliards de FCFA. Réalisé dans le cadre du PROGRAMME D’APPUI AU SECTEUR DES TRANSPORTS – PHASE II : REHABILITATION DE LA ROUTE YAOUNDE-BAFOUSSAM-BABADJOU ET AMENAGEMENT DES ROUTES GRAND-ZAMBI KRIBI ET MAROUA-BOGO-POUSS, l’échangeur d’Obala, construite sur une superficie d’environ 9,3 ha, est constitué d’un passage supérieur, d’une longueur de 53 mètres et surplombant la RN4 réaménagée en 2×2 voies sur une longueur de 1424m, et trois bretelles aménagées d’un linéaire de 2 km. Tout juste à côté, une aire de repos a été aménagée sur une superficie de 332 m². Elle comprend cinq bâtiments disposant d’un poste de police, quatre magasins, deux salles de repos, des toilettes publiques, un bloc technique et un château d’eau. Le parking de l’aire de repos compte 68 places de stationnement pour véhicules poids lourds.
Aménagement et construction des voiries urbaines

Outre cet ouvrage, le Programme d’appui au secteur des transports, phase II a également permis la construction et l’aménagement des voiries urbaines dans les villes d’Obala (2 km), Monatélé (5 km), Ombessa (2 km), Bafia (5 km). À cela s’ajoutent des aménagements particuliers comme la construction d’une station de pesage à Ebang. Cette opération entre en droite ligne de la vision 2035 du Président Paul Biya, qui a engagé plusieurs actions en faveur de l’émergence du Cameroun, a changé le visage de la ville d’Obala et a considérablement réduit les accidents de la circulation dans la zone.
« Sans échangeur, il y avait beaucoup d’accidents ici au village, les gens ne construisaient pas. Avec l’avènement de l’échangeur, l’évolution a commencé. Non seulement les accidents ont été réduits, mais vous allez constater que les gens ont commencé à construire un peu partout. Il y a même une station-service qui s’est implantée. Il y a aussi des entreprises qui s’installent. Notamment une chocolaterie et la Société Agroindustrielle Camerounaise (Agrocam) », souligne Protais Mballa un habitant du village Nkol-Melen (ajouter ce qu’il fait comme métier).
Pour Yves Atangana, moto taximan, l’échangeur d’Obala a changé la physionomie de la ville. « Cet échangeur a rendu beau notre village Nkol-Melen avec quelques kilomètres de routes bitumées. Les artistes viennent ici de manière régulière pour tourner les clips et ça nous rend fiers », souligne-t-il.
Pour Sa Majesté Charles Ndongo Atangana, Chef de 3 ème degré du village Ekoundouma, la construction de l’échangeur d’Obala a boosté le développement. « Il y a eu beaucoup de modifications quand l’échangeur est arrivé. Ça nous a apporté le développement. Plusieurs personnes qui hésitaient encore sont venues construire et ça change progressivement le visage du coin. C’est l’occasion de remercier une fois de plus l’Etat du Cameroun et la Banque africaine de développement qui ont initiés et réalisés ce projet ».
Entrepreneuriat
La construction de l’échangeur d’Obala a incité quelques jeunes de la localité à se lancer dans l’entrepreneuriat. « Moi par exemple j’ai mis mon kiosque en bordure de route où je vends des produits de première nécessité. J’utilise un autre compartiment pour faire de la restauration et je trouve mon compte. Comme vous pouvez le voir, il y a un jeune soudeur qui s’est installé juste à côté de moi, et un autre qui vient de se lancer dans la commercialisation du gaz. J’avoue que nous trouvons notre compte à la fin de la journée. Avant cet échangeur, il n’était pas possible de mener une telle activité ici », relate Romaric Andela.
L’échangeur d’Obala, situé à une quarantaine de kilomètres de Yaoundé, montre la volonté des autorités camerounaises d’adapter les infrastructures aux besoins futurs et aux ambitions économiques du pays. Pour ce qui est de la Banque africaine de développement qui a contribué à bâtir cette infrastructure, elle a débuté ses opérations au Cameroun en 1972 en investissant près de 4 millions de dollars dans la construction de l’aéroport de Douala. Aujourd’hui, la BAD intervient au Cameroun en se concentrant principalement sur le développement des infrastructures structurantes (routes, énergie, eau & assainissement), de l’industrialisation, de l’agriculture & agro-industrie, du capital humain et le renforcement de la gouvernance.
Au 28 février 2026, le portefeuille actif de la Banque au Cameroun comprend 28 projets représentants un engagement total d’environ 2 821 millions de dollars Américains (2 052 millions d’UC).
Hervé Fopa Fogang, envoyé spécial à Obala

