La séance de cotation s’est clôturée sans aucun mouvement de prix. Dans le compartiment des actions, les cours des six émetteurs restent inchangés : la Société des Eaux Minérales du Cameroun (SEMC) à 49 000 FCFA, la SAFACAM à 30 000 FCFA et la SOCAPALM à 50 000 FCFA. Le constat est identique pour La Régionale (42 000 FCFA), la BANGE (228 085 FCFA) et la SCG-Re (21 500 FCFA).
Malgré des volumes demandés notables (notamment 298 titres pour SOCAPALM et 714 pour La Régionale), le compteur des transactions reste à zéro, trahissant un manque criant de liquidité. Le marché obligataire n’affiche pas une meilleure dynamique. Les échanges y sont interrompus depuis novembre 2025, en dépit de l’admission en décembre de deux nouvelles lignes signées Alios Finance. Sur les 28 titres listés, les valeurs restent stables mais inactives, qu’il s’agisse des obligations souveraines — comme l’EOG 6,00 % Net 2021-2026 (Gabon) à 99,50 % ou l’ECMR 6,25 % Net 2022-2029 (Cameroun) à 100 % — ou des lignes privées. Si l’encours global de la dette demeure significatif, cette absence d’activité bride les perspectives d’investissement.
Ce statu quo fait suite à une année 2025 contrastée, marquée par une reprise fragile des actions (+13 %) mais un repli du compartiment obligataire, dont l’encours est passé de 1490,8 à 1305,3 milliards FCFA. La BVMAC, née de la fusion de 2019, a essuyé une perte de 322 millions FCFA en 2024, malgré des mesures incitatives comme la baisse des frais de courtage appliquée en décembre dernier. Quelques signaux positifs apparaissent toutefois : l’introduction en bourse (IPO) de la microfinance camerounaise RENAPROV Finance, lancée début 2026 au prix de 21 000 FCFA (clôture prévue le 15 mars), pourrait apporter un second souffle.
Les fondamentaux des émetteurs révèlent pourtant un potentiel inexploité. La Régionale affiche un bilan 2024 de 64,17 milliards FCFA pour un résultat net de 162 millions ; la BANGE poursuit sa croissance avec un total bilan de 664,49 milliards FCFA, tandis que la SCG-Re présente 22,18 milliards FCFA de primes acquises. Dans une zone CEMAC en quête de diversification économique, l’inertie de la BVMAC interpelle. Les réformes en cours, telles que le nouveau règlement général de mars 2025 et l’ambition d’atteindre 100 000 comptes-titres d’ici fin 2026, devront impérativement porter leurs fruits pour éviter que la stabilité ne devienne une stagnation structurelle.


