Charles Assamba Ongodo, Vice-Président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale a présenté le 16 février 2026 à Malabo, en Guinée Equatoriale, le rapport général sur le fonctionnement et l’évolution de la Cemac au titre de l’exercice 2025. Le document fait ressortir une analyse globale, cohérente et prospective de l’action des institutions communautaires, ainsi qu’une appréciation des résultats obtenus au regard des objectifs assignés à l’Union Economique et Monétaire. Il met aussi en lumière les avancées enregistrées, les contraintes persistantes et les défis structurels auxquels la Communauté demeure confrontée, dans un contexte régional et international marqué par des vulnérabilités économiques financières, sécuritaires et environnementales.
Le document présenté il y a quelques jours fait le point sur la situation financière de la Communauté. « Elle est dominée par la faiblesse persistante du recouvrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI), générant une accumulation d’arriérés évalués à date à 263,5 milliards FCFA comme illustré dans le tableau suivant et une pression significative sur le fonctionnement des institutions et la mise en œuvre des projets intégrateurs. La TCI, principale source de financement de la Communauté demeure très insuffisamment recouvrée. Seuls deux Etats (Gabon et Cameroun) ont des contributions au-dessus du minimum égalitaire. Certains États affichent 0 FCFA de contribution en 2025 » précise la Commission de la Cemac.

Sur une TCI attendue en 2025 de 51,9 milliards FCFA, elle souligne que seulement 31,09 milliards FCFA, soit 59,9% de TCI a été recouvrée. Une situation qui plombe le bon fonctionnement de la commission de la Cemac. Le 5 février 2026 en effet, Baltasar Engonga Edjo’o, Président de cette institution alertait déjà sur l’état de la trésorerie. Dans une note circulaire,il révélait que l’évolution des chiffres se rapportant à la situation de trésorerie régulièrement présentée par l’Agent Comptable Central et par l’Agent Comptable de la Commission, tant pendant les sessions des Conseils des Ministres de l’UEAC que lors des différentes réunions du Collège des Commissaires, révèlent une dégradation continue des finances.
« Pour y répondre, les deux dernières sessions du Conseil des Ministres ont prescrit à la Commission de mener un dialogue franc sur la question avec les Etats membres. C’est à ce titre que j’ai mandaté Monsieur le Vice-Président à l’effet d’effectuer une mission circulaire au sein des six Etats membres de la Communauté. A ce jour, alors que la mission a déjà couvert 4 sur 6 Etats, les effets escomptés de ladite mission tardent à être visibles. La situation financière de la Communauté s’avère être aujourd’hui plus que préoccupante au point d’asphyxier le fonctionnement régulier des Institutions, y compris celui de la Commission » détaillait Baltasar Engonga Edjo’o dans sa circulaire.
« Au regard de ce contexte, et tenant compte du très faible niveau actuel de la trésorerie disponible, j’ai le pénible mais impérieux devoir de suspendre toutes les activités et autres missions de la Commission de la Cemac, en attendant l’amélioration du recouvrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI) » avait-il renchérit. Selon la Commission de la Cemac, la mise en œuvre stricte du mécanisme autonome de recouvrement de la TCI « constitue un impératif stratégique pour garantir la soutenabilité financière de la Communauté ».

