Le Cameroun entend lever 320 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) entre janvier et mars 2026. Cette opération vise à couvrir partiellement les besoins de financement de l’État, dans un contexte où la pression sur les finances publiques reste forte. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large du Trésor public visant à diversifier les sources de financement tout en consolidant l’autonomie budgétaire du pays.
Selon le calendrier prévisionnel publié par la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac) et consulté par l’Économie, cette levée de fonds se fera à travers deux principaux instruments : les Bons du Trésor Assimilables (BTA), à court terme (26 à 52 semaines), et les Obligations du Trésor Assimilables (OTA), à moyen et long terme (3 à 10 ans).
Dans le détail, l’opération est répartie comme suit : Janvier (45 milliards de FCFA attendus via des BTA) ; Février ( le montant le plus important, soit 160 milliards de FCFA sera levé à travers une combinaison de BTA et d’OTA); Mars (une enveloppe de 115 milliards de FCFA en BTA et OTA est prévue).
En effet , ce recours au marché sous-régional, au lieu de financements extérieurs classiques, permet au Cameroun de bénéficier de conditions potentiellement plus favorables et de mobiliser rapidement des ressources en monnaies locales, limitant ainsi l’exposition au risque de change.
La réussite de cette opération dépendra en grande partie de la confiance des investisseurs institutionnels régionaux, notamment les banques commerciales, les compagnies d’assurance et les sociétés de gestion d’actifs. Elle sera également un indicateur clé de la capacité du Cameroun à assurer la soutenabilité de sa dette intérieure, tout en poursuivant ses engagements budgétaires.
Dans un contexte marqué par une conjoncture internationale incertaine, cette stratégie de financement domestique apparaît comme un levier de résilience économique et de préservation de la souveraineté financière.


