Le démarrage des opérations commerciales au Port autonome de Kribi (PAK) en mars 2018 a instauré une dynamique de croissance pour les finances publiques camerounaises. Les données statistiques collectées par la plateforme intelligente Pakazure indiquent qu’entre 2018 et 2025, le montant total des droits de douane perçus par le Secteur Sud 2 au PAK s’élève à 1 228 milliards de FCFA.
Cette progression est tributaire l’augmentation constante des volumes financiers collectés par an. En 2018, année du lancement effectif des activités du Port de Kribi, les recettes s’établissaient à 15,7 milliards de FCFA. Deux ans plus tard, c’est-à-dire en 2020, elles sont passées à 68,7 milliards de FCFA en 2020. Cette tendance s’est maintenue avec un passage à 136,8 milliards en 2021 et 208,6 milliards en 2023, année marquant le franchissement du cap des 200 milliards de FCFA.
La performance de l’infrastructure portuaire modifie l’équilibre des perceptions douanières à l’échelle nationale. Pour l’exercice 2025, les prévisions de recettes étaient fixées à 335,3 milliards de FCFA, ce qui représente une contribution de 4,3 % au budget rectifié de l’État. L’analyse des parts de marché révèle que le Port de Kribi assure désormais 29 % des recettes douanières totales du Cameroun, se positionnant comme le second pôle douanier du pays derrière le Port autonome de Douala. Cette montée en puissance se reflète dans les résultats mensuels de l’année 2025, où les collectes oscillent entre un minimum de 32,2 milliards de FCFA en janvier et un pic enregistré à 35,4 milliards de FCFA en décembre.
L’évolution du cadre opérationnel et technique soutient les projections de l’administration pour les périodes à venir. Après avoir atteint des sommets successifs depuis 2018, les autorités fixent l’objectif budgétaire pour l’année 2026 à 400 milliards de FCFA. Ce palier repose sur la continuité de la Timeline stratégique qui a vu le port passer de sa phase de lancement à une exploitation de masse en moins d’une décennie. La structure des revenus mensuels confirme une stabilisation des flux financiers à un niveau élevé, consolidant le rôle de l’enceinte portuaire dans la stratégie de mobilisation des ressources non pétrolières du Trésor public.

