La Banque camerounaise des Petites et Moyennes entreprises (BCPME) a approuvé une augmentation de son capital de 40 milliards FCFA, sous réserve de l’autorisation de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Le capital social de l’institution pourrait ainsi passer de 20 à 60 milliards FCFA.
Cette opération se fera par l’émission de 4 millions d’actions nouvelles d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, entièrement souscrites par l’État du Cameroun, actionnaire unique. Les fonds sont issus du Plan intégré d’import-substitution agropastorale et halieutique (Piisah), programme public visant à soutenir la production locale dans les filières agricoles, pastorales et halieutiques.
L’objectif du gouvernement est de réduire significativement les importations de produits pour lesquels l’offre locale est abondante et les substituts disponibles. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont jugés essentiels : modéliser la transformation locale des produits de base, rendre disponible la matière première, mettre à niveau les PME et faciliter leur accès aux financements — autant de facteurs déterminants pour la croissance économique.
Cette recapitalisation s’inscrit également dans le cadre de la nouvelle réglementation de la Cobac, qui impose aux établissements de crédit de la zone Cemac un capital social minimum de 25 milliards FCFA. Afriland First Bank — dont le capital a été porté à 50 milliards FCFA — et plusieurs autres banques ont déjà procédé aux ajustements nécessaires pour se conformer à cette exigence.
La démarche intervient dans un contexte difficile pour la BCPME. Depuis son lancement en 2015, la banque peine à jouer pleinement son rôle de financement des PME : elle n’a accordé que 1,95 milliard FCFA de crédits à 85 porteurs de projets, selon l’annuaire statistique sur les PME. En 2023, elle a enregistré un déficit de 1,112 milliard FCFA. Dans ce contexte, l’injection de nouveaux fonds publics apparaît comme une tentative de redonner des marges de manœuvre à l’institution, afin de renforcer ses capacités de financement au service des PME — le cœur de son mandat.
L’assemblée générale du 26 février 2026 a par ailleurs approuvé le plan stratégique de développement 2025-2030 de la banque, qui prévoit un repositionnement sur ses missions prioritaires, avec un accent particulier sur les projets liés au programme gouvernemental d’import-substitution.

