Depuis le 17 janvier 2026, une rumeur circule sur les réseaux sociaux, annonçant le passage à 155 000 FCFA du prix du passeport ordinaire. Pour établir la réalité des faits, L’Economie a effectué des vérifications sur la base du Projet de Loi n° 2091/PJL/AN portant Loi de Finances pour l’exercice 2026 et de la Circulaire n° 0001877/C/MINFI du 31 décembre 2025.
Un cadre législatif fondé sur la continuité des prélèvements
Le Projet de Loi n° 2091/PJL/AN constitue la base juridique de la perception des revenus publics pour l’année 2026. L’article quatrième de ce texte énonce un principe de continuité fiscale : les impôts, droits, taxes et redevances de la République continuent d’être perçus conformément aux textes en vigueur, sous réserve de modifications expressément mentionnées. L’examen intégral du projet de loi ne révèle aucune disposition créant un nouveau tarif de 155 000 FCFA pour le droit de timbre sur les passeports.
Des orientations budgétaires sans impact sur les frais de chancellerie
La Circulaire n° 0001877/C/MINFI définit les instructions relatives à l’exécution du budget et détaille les priorités du Gouvernement. Les mesures fiscales pour 2026 visent prioritairement l’élargissement de l’assiette et la sécurisation des recettes. Les innovations majeures concernent l’institution d’un régime de taxation pour les entreprises du secteur numérique non résidentes et la promotion de la fiscalité environnementale.
Le document administratif précise également des mesures de soutien à la santé publique, aux énergies renouvelables et à l’économie numérique. Aucune de ces orientations n’impacte les droits de timbre liés à l’identité. L’objectif affiché consiste en une mobilisation optimale des recettes internes sans entraver le pouvoir d’achat.
Une absence de fondement juridique pour la hausse annoncée
Les instructions du Ministère des Finances imposent le respect des règles de sincérité budgétaire et de transparence. Il est strictement interdit aux acteurs de la chaîne de l’exécution d’exiger des usagers tout paiement non consacré par les lois et règlements en vigueur. L’absence de mention d’une revalorisation du prix du passeport dans le budget 2026 confirme que le montant de 155 000 FCFA relayé sur les réseaux sociaux ne repose sur aucune réalité administrative ou législative.
En conclusion, le maintien des tarifs actuels constitue la règle pour l’exercice 2026. Le droit de timbre exigible pour l’établissement d’un passeport ordinaire au Cameroun reste de 110 000 FCFA, conformément aux dispositions légales en vigueur reconduites par la nouvelle loi de finances.


