« Mémorandum de souveraineté financière numérique, Diagnostic et mécanismes concrets pour transformer l’économie numérique informelle en assiette fiscale nationale ». Tel est l’objet d’une correspondance adressée au Ministre des Finances, Louis Paul Motaze le 20 janvier 2026, par Narcisse Emmanuel Fokou, entrepreneur digital, CEO de MA’A SUH LLC.
« L’Etat est dans son droit en voulant fiscaliser l’économie numérique. Cependant, l’approche actuelle se heurte à un obstacle structurel : on ne peut pas taxer efficacement les flux financiers qui ne transitent pas par nos infrastructures nationales », souligne Narcisse Emmanuel Fokou.
C’est pourquoi dans son mémorandum adressé au Minfi, il faut des propositions concrètes pour capter les valeurs des nouveaux métiers (influenceurs, freelance, développeurs). « L’Etat doit faciliter le rapatriement des devises. Dès qu’un virement provenant d’une plateforme identifiée (Youtube, Upwork, TikTok) arrive sur un compte local via un agrégateur agréé, un prélèvement libératoire forfaitaire (ex 3% à 5%) est appliqué automatiquement. L’avantage est que l’Etat encaisse immédiatement de la trésorerie sans effort de recouvrement. Le Freelance est blanchi fiscalement sans paperasse administrative », indique Narcisse Emmanuel Fokou. Pour arrêter l’hémorragie vers les sociétés offshore, il propose à l’Etat de négocier avec les Gafam pour que le Cameroun soit éligible aux paiements directs (white list), de favoriser les fintechs camerounaises capables de servir de « pont securisé » car si l’argent passe par une fintech locale agréée, il devient visible, traçable et taxable.
Aussi l’expert en cybersécurité pense qu’il faut conditionner l’accès aux marchés publics numériques à la présentation d’une certification technique, ce qui éliminera les faux experts et vendeurs d’illusions qui polluent le marché sans payer d’impôts.
« La jeunesse camerounaise est une mine d’or. Mais pour exploiter une mine, il faut construire une route pour sortir le minerai. La route, ce sont les passerelles de paiement. Je suggère la mise en place d’un (bac à sable réglementaire) pilote pour tester ces mécanismes de collecte avec quelques acteurs Fintechs nationaux avant généralisation », propose-t-il.


