Sur les 23 compagnies d’assurance actives au Cameroun en 2024, quatre affichent un résultat d’exploitation négatif. Les données de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) compilées par Atlas Magazine et consultées par L’Economie, permettent de mesurer l’ampleur et la nature de ces déséquilibres. NSIA Cameroun, piloté par William Nguimken, enregistre le résultat d’exploitation le plus dégradé du marché, soit -1,28 milliard de FCFA pour un chiffre d’affaires de 7,4 milliards.
La compagnie, positionnée en Non-Vie, affiche par ailleurs un ratio combiné de 100 %, seuil au-delà duquel l’activité technique ne génère plus de marge. Ce niveau de ratio combiné, conjugué à un résultat négatif, pointe une structure de coûts ou de sinistralité incompatible avec l’équilibre d’exploitation.
Activa Assurances et Pro-Assur, des profils distincts
Activa Assurances affiche -782 millions de résultat pour 12,5 milliards de chiffre d’affaires, avec un ratio combiné de 82,5 %. Un ratio techniquement satisfaisant qui contraste avec le déficit affiché, écart qui oriente l’analyse vers les charges de structure ou les produits financiers.
Pro-Assur Assurances pour sa part, présente la situation la plus préoccupante en termes de ratio : 102,7 % pour un déficit de -659 millions sur 4,8 milliards de primes. Au-dessus de 100 %, le ratio combiné traduit une activité Non-Vie déficitaire avant même la prise en compte des frais généraux.
Atlantique IARDT, déficit limité mais ratio dégradé
Atlantique Assurances Cameroun IARDT affiche le déficit le plus contenu : -51 millions sur 9,6 milliards de chiffre d’affaires. Mais son ratio combiné de 106,4 %, le plus élevé du marché, signale une sinistralité structurellement supérieure aux primes encaissées. Un résultat quasi à l’équilibre en valeur absolue peut donc masquer une fragilité technique réelle.
Ces quatre déficits représentent un volume cumulé de -2,77 milliards de FCFA. Ils concernent exclusivement des compagnies Non-Vie, alors que la branche Vie affiche des résultats positifs sans exception. Ce clivage confirme une pression technique plus forte sur le segment IARDT, dans un contexte de hausse de la sinistralité et de concurrence tarifaire documentée à l’échelle de la zone CIMA.

