La Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) tient ce jeudi 12 juin une élection exceptionnelle pour pourvoir la présidence de la principale organisation patronale du pays. Alain-Claude Kouakoua assure cette fonction depuis le 19 mai 2025, date à laquelle Henri-Claude Oyima, élu en août 2022, lui a passé le relais après sa nomination au gouvernement. À l’issue de cette rencontre, une avance de 30 milliards de FCFA avait été annoncée pour soutenir les entreprises de BTP, alors que Kouakoua conduisait la délégation patronale reçue par le président Oligui Nguema en février 2025.
Devant les membres du bureau exécutif élargi, les présidents de fédérations professionnelles et les chefs d’entreprise réunis pour la campagne, le candidat a présenté une plateforme articulée autour de la consolidation du rôle de la FEG dans les décisions économiques nationales. Il a rappelé que les membres de l’organisation contribuent à près de 80 % de la richesse nationale et concentrent l’essentiel de l’emploi formel du secteur privé.
Sur le fond, Kouakoua annonce cinq axes prioritaires : amélioration de l’accès au financement pour les PME, soutien à la transformation locale des ressources naturelles, développement de la souveraineté alimentaire, digitalisation des entreprises et accompagnement des startups. Il entend également renforcer la représentation de la FEG dans les neuf provinces du pays, dénonçant implicitement la concentration des structures patronales sur la place de Libreville. Le renforcement du Gabon Economic Forum, principal cadre annuel de dialogue public-privé, figure également parmi ses engagements.
Homme d’affaires actif dans les secteurs du BTP, du transport et de la logistique, Kouakoua est le PDG du groupe ACK, dont la filiale Mika Services opère dans les hydrocarbures et le bâtiment. Son profil d’opérateur sectoriel, conjugué à sa connaissance des rouages institutionnels de la FEG, constitue le socle de la légitimité qu’il revendique pour obtenir un mandat de plein exercice.
La séquence s’inscrit dans un contexte de réforme économique accélérée sous la conduite du gouvernement Barro Chambrier. La réforme de la commande publique, les arriérés de paiement envers les entreprises privées et les exigences de compétitivité des PME locales face aux groupes étrangers sont autant de dossiers sur lesquels le futur président élu devra peser avec efficacité auprès de l’exécutif.

