La troisième session du Comité de pilotage du Projet d’appui à la sécurité alimentaire dans les territoires ruraux du Cameroun (SECAL/PASATR), tenue le 28 mai 2026 à Yaoundé, a entériné un budget de 7,87 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Un Plan de travail annuel budgétisé (PTAB) ambitieux, validé sous la présidence de Jean Tchoffo, secrétaire général du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT).
Ce volume de financement marque un tournant. Après une année 2025 consacrée à la structuration du dispositif, le projet entre désormais dans une phase de déploiement à grande échelle. L’objectif : élargir significativement la couverture des bénéficiaires dans les six régions d’intervention à savoir le Centre, l’Ouest, le Littoral, le Nord, l’Extrême-Nord et le Sud-Ouest.
Des résultats de première année encourageants
Le bilan de l’exercice écoulé donne une première mesure de l’ancrage du projet sur le terrain. À ce stade, 62 716 personnes ont été sensibilisées, et 8 090 demandes d’accompagnement enregistrées, témoignant d’une réelle adhésion des populations rurales. Plus concret encore : 2 048 diagnostics approfondis ont été conduits auprès de 22 977 producteurs et entrepreneurs ruraux, débouchant sur la mise en œuvre de 1 193 plans d’action individuels. Par ailleurs, 133 formateurs ont été formés aux pratiques agroécologiques et à l’éducation financière.
Ces chiffres reflètent une montée en puissance progressive, mais le Comité de pilotage a insisté sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure.
Financement AFD-UE et priorités pour 2026
Cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne, SECAL dispose avec ce nouveau budget des moyens pour massifier ses interventions. Les recommandations adoptées lors de la session fixent trois axes prioritaires : la création d’emplois décents en milieu rural, le renforcement de l’écosystème des entreprises agricoles, et l’amélioration de l’accès au financement pour les petits producteurs.
Le suivi de proximité des entrepreneurs ruraux et le développement des services non financiers (conseil, formation, structuration) figurent également parmi les leviers retenus pour maximiser l’impact du programme sur la souveraineté alimentaire du pays.
Le Cameroun, confronté à des défis structurels persistants en matière de production vivrière, mise ainsi sur ce projet pour transformer durablement ses territoires ruraux. Les résultats attendus d’ici fin 2026 diront si l’investissement est à la hauteur des ambitions.

