Pénétrante Est de Douala (phase II) : quasi-achevée, mais un avenant en suspens
Avec un taux d’avancement global de 92 % et un taux de facturation de 98,4 %, la phase 2 de la Pénétrante Est de Douala (8,9 km financés par Standard Chartered Bank) est l’un des chantiers les plus avancés du portefeuille examiné. Les travaux de chaussée sont en voie d’achèvement, avec la pose du béton bitumineux en cours.
Mais un risque pèse sur la ligne d’arrivée. La date de tirage sur le financement bancaire est échue depuis le 11 mai 2025, et le processus de finalisation de l’avenant avec la banque accuse des lenteurs. Le ministère appelle à « une accélération des procédures afin de garantir la continuité optimale des travaux ». Le ministre a instruit les parties prenantes de lever ces contraintes au plus vite.
Route Awae-Esse-Soa : la réception en vue
À 83 % d’avancement, la route Awae-Esse-Soa entre dans sa phase finale. L’entreprise CFHEC est mobilisée sur les prestations résiduelles, signalisation horizontale et verticale, glissières de sécurité métallique, protection du talus précédant le pont de l’Afamba, après que les emprises, autrefois encombrées, ont été libérées.
Un bémol. Des difficultés persistent sur le paiement des décomptes. Le maître d’ouvrage a néanmoins instruit le règlement de toutes les entreprises affichant un taux d’exécution égal ou supérieur à 30 %.
Autoroute Yaoundé-Douala (phase 2) : le contrat commercial à réviser
Sur les 141,1 km de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala, les travaux progressent, avec notamment le démarrage des opérations de déforestage et de débroussaillage dans la région du Littoral, et la poursuite des études d’exécution.
Le tracé initial a été maintenu avec une vitesse de référence à 110 km/h. Le ministre des Travaux publics a toutefois prescrit l’actualisation du contrat commercial et la consolidation des conventions liant le projet au LABOGENIE, en charge du contrôle technique et géotechnique.
Axe Ngaoundéré-Paro : contractualisation à repenser
C’est l’un des cas les plus préoccupants. Lancés en 2019 sur un linéaire de 70 km pour une durée contractuelle de 75 mois, les travaux confiés à China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) n’atteignent que 35,69 % d’avancement au 30 avril 2026, pour une consommation des délais de 105,19 %.
L’exécution financière plafonne à 30,07 % hors avance de démarrage. Les décomptes émis s’élèvent à plus de 15,7 milliards de FCFA, dont 13,7 milliards déjà payés. Faible mobilisation en matériel, en personnel et en ressources : les insuffisances de l’entreprise ont conduit le ministère à autoriser une réception en l’état du chantier, en attendant une nouvelle contractualisation.
Route Ndokayo-Garoua-Boulaï : le bitume manque, l’entreprise doit s’intensifier
L’entreprise ENTREBATT, en charge de ce chantier, invoque le manque de bitume dans la région pour justifier les lenteurs observées. Mais le ministère pointe également une mobilisation insuffisante, avec une présence concentrée en rase campagne au détriment des zones urbaines. Le ministre a prescrit une intensification des travaux sur l’ensemble du linéaire, avec plusieurs fronts ouverts simultanément.
Tronçon Olounou-Oveng (Sud) : SEAS-COSEDIL Scarl sous la menace d’une mise en demeure
Le chantier du tronçon Olounou-Oveng présente le bilan le plus alarmant. Au 30 avril 2026, le taux d’exécution n’est que de 9,76 % pour une consommation des délais de 54,25 %, soit un décalage de plus d’un à cinq. Ce projet, financé par Deutsche Bank SpA et l’État du Cameroun pour un investissement global de 74,2 milliards de FCFA TTC sur 36 mois, risque de ne pas tenir ses délais.
Sur le terrain, les interventions progressent sur près de 54 km et les ouvrages d’art ont démarré, mais la production d’agrégats, indispensable à l’intensification des travaux de chaussée, reste très faible. Le ministère indique avoir mis à disposition les ressources pour la maîtrise d’œuvre depuis décembre 2025. Si les performances ne s’améliorent pas, une mise en demeure est envisagée contre l’entreprise.

