Avec un budget primitif adopté à 11,7 milliards de FCFA, puis porté à 20,4 milliards après rectificatif, en 2025, le compte administratif de la Communauté urbaine de Kribi (CUK) présente des recettes s’élevant à 11 436 663 502 de FCFA et des dépenses à la somme de 11 249 787 813 FCFA, pour un montant excédentaire dépassant les 345 millions de FCFA pour cet exercice.
Si le taux de réalisation budgétaire est en nette progression ces dernières années, les recettes propres restent, quant à elles, quasi figées. Elles représentent souvent entre 10 et 15 % du total des ressources. Une situation que déplore le maire de la ville, Guy Emmanuel Sabikanda, qui l’a clairement exprimé lors des travaux du conseil consacrés à l’examen et à l’adoption des comptes administratif et de gestion. Face aux enjeux de développement local et à la forte pression démographique liée à l’afflux continu de populations dans la cité balnéaire, le maire propose « d’exploiter de nouvelles niches de recettes propres et de renforcer le recouvrement de celles qui existent déjà. »
L’édile a notamment évoqué la taxe sur les permis de bâtir, dont le potentiel est estimé selon lui à un peu plus d’un milliard de FCFA par an. « Les gens construisent tous les jours et n’importe comment dans la ville, personne ne respecte la loi sur l’urbanisme », s’est-il indigné. Il a par ailleurs fermement interpellé les maires des arrondissements et son personnel sur cette question qui prive la CUK de recettes importantes (taxe sur le permis de bâtir) et créée du désordre urbain.
Il est à noter que la loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun rend le permis de bâtir obligatoire pour presque tous les travaux de construction ou de modification importante. Il s’agit d’un outil de contrôle pour éviter l’anarchie et garantir la sécurité, la durabilité et l’harmonie des villes. Construire sans permis de bâtir ou en violation des règles constitue donc une infraction. Les sanctions peuvent inclure des amendes, la démolition aux frais du contrevenant et, plus grave, des poursuites pénales.
Autres pistes à explorer : le renforcement du contrôle et de la taxation des activités économiques informelles, la valorisation des redevances liées aux domaines et au foncier urbain, l’amélioration du recouvrement des taxes sur les marchés, les panneaux publicitaires ainsi que les différentes licences d’exploitation. La digitalisation des procédures de paiement et la lutte contre la fraude et la corruption dans le circuit de recouvrement font également partie des axes prioritaires.
Selon Guy Emmanuel Sabikanda, cette diversification est devenue une nécessité impérieuse. La dépendance excessive aux transferts de l’État limite l’autonomie de la collectivité et freine sa capacité à financer durablement les infrastructures et services de base face à la croissance rapide de Kribi, pôle portuaire et touristique en plein essor.
Les conseillers de communauté ont salué cette orientation et appelé à une mise en œuvre rapide et rigoureuse de ces mesures, afin d’accroître significativement la part des recettes propres dans le budget global de la CUK au cours des prochains exercices.

