L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié le 28 janvier 2026, les résultats préliminaires de l’examen du marché des fruits tropicaux. L’analyse des flux camerounais sur la période étudiée, ne sont pas favorables à filière camerounaise. Selon le rapport de la FAO, le pays a enregistré un déclassement en l’espace de deux ans, quittant de la 27e à la 37e place mondiale des pays exportateurs. Cette régression contraste avec la résilience relative de la Côte d’Ivoire qui, malgré des fluctuations de son offre, parvient à se maintenir dans le top 20 mondial.
Sur la période 2019 – 2023, les exportations camerounaises d’ananas se situaient autour de 2 459 tonnes. L’année 2024 marque le déclin du business dont les volumes passent de 2459 tonnes à 849 tonnes. La tendance s’est aggravée en 2025, année où le volume a encore reculé de 463 tonnes pour s’établir à seulement 386 tonnes, soit une baisse annuelle de 54,53 %.
Le manque de compétitivité technique constitue le principal frein à l’expansion de la filière nationale. Les rendements à l’hectare stagnent à un niveau représentant seulement 50 % de la productivité enregistrée au Costa Rica, leader mondial du secteur. Ce déficit de productivité limite de fait l’accès au marché des États-Unis, qui capte pourtant 32,2 % des importations mondiales d’ananas. En conséquence, les exportations camerounaises demeurent captives de marchés européens restreints, la France absorbant 59 % des volumes, suivie par la Belgique.
L’enjeu pour le Cameroun dépasse désormais la simple gestion des volumes. La survie de la filière dépend d’une modernisation des capacités logistiques et d’une amélioration substantielle des rendements afin de briser la dépendance aux marchés traditionnels et de stabiliser une position mondiale de plus en plus précaire.

