L’État du Cameroun a réalisé avec succès, le 30 janvier 2026 à Londres, une émission obligataire par placement privé sur le marché financier international. Cette opération, d’une maturité de 7 ans, marque le point d’orgue d’une stratégie de réhabilitation de la signature souveraine du Cameroun. Dans un contexte d’instabilité économique, le gouvernement camerounais s’appuie sur le succès de cette levée de fonds pour projeter une image de rigueur et de maîtrise technique de ses engagements financiers.
Le communiqué officiel consulté par L’Economie, souligne d’emblée que cette transaction traduit la « confiance renouvelée des marchés financiers dans la signature souveraine du Cameroun » malgré un environnement « international et sous-régional volatile ». En mobilisant une offre globale de près d’un milliard de dollars pour un montant initialement recherché de 600 millions de dollars, l’État démontre sa capacité d’attraction auprès d’investisseurs institutionnels de premier plan. Cette sursouscription sert de levier diplomatique pour justifier la solidité des perspectives macroéconomiques présentées lors des « échanges approfondis avec les investisseurs et les agences de notation » conduits par la délégation ministérielle.
Au-delà de l’affichage de confiance, l’offensive de charme repose sur une technicité financière destinée à rassurer les analystes sur la viabilité de la dette. Le document précise ainsi la mise en œuvre concomitante d’un « mécanisme de couverture financière de type swap de change USD/EUR ». Ce dispositif a permis de ramener le « coupon effectif de l’opération en euro à 7,79 % », contribuant au « renforcement de la soutenabilité de la dette publique ». Par cette ingénierie, le Cameroun répond aux critiques récurrentes sur l’exposition au risque de change et le coût élevé du crédit souverain.
L’État adresse également un signal fort concernant la gestion de sa trésorerie intérieure, point de vigilance majeur pour les agences de notation. Les ressources mobilisées sont explicitement destinées à « l’apurement des restes à payer du budget antérieur », notamment pour les décomptes de « certains projets prioritaires de l’État ». Cette orientation budgétaire, conforme à la « stratégie de gestion prudente et proactive du portefeuille de la dette publique », vise à assainir le bilan national et à garantir l’exécution du budget 2026 dans des « délais optimaux ».


