L’analyse des données douanières sur les importations de véhicules au Cameroun entre janvier et octobre 2025, publié par le portail spécialisé du port autonome de Kribi révèle une structure de marché ancrée dans la consommation de masse de véhicules de seconde main. Avec un volume total de 39 033 unités déclarées aux frontières de Douala, Kribi et par les voies terrestres, l’activité représente une valeur globale de 119,34 milliards de FCFA. Le prix moyen unitaire s’établit à 3,05 millions de FCFA, confirmant l’orientation du secteur vers des solutions de mobilité à coût modéré.
Hégémonie japonaise et circuits de transit européens
Le Japon domine les flux d’importation avec 72,8 % des parts de marché, soit 28 433 unités. Cette domination repose sur les modèles de tourisme et les SUV compacts, notamment les marques Toyota et Nissan. L’analyse logistique met en évidence un décalage entre l’origine de fabrication et la provenance géographique. Si les véhicules sortent des usines nippones, une part majeure transite par des plateformes logistiques internationales.
La Belgique, via le port d’Anvers, fait office de pivot européen pour l’occasion diesel, tandis que les Émirats arabes unis et les États-Unis alimentent les segments des gros moteurs et du luxe. Les autres fournisseurs comme l’Allemagne, les États-Unis et la Corée du Sud se partagent des segments spécifiques liés au prestige ou aux besoins techniques particuliers.
Prédominance du moteur essence et de l’occasion
La structure technique du parc importé montre une préférence pour les motorisations essence, qui représentent entre 65 % et 85 % des flux selon les segments. Les cylindrées comprises entre 1500cc et 3000cc constituent le centre du marché, portées par des modèles comme la Toyota RAV4 ou l’Avensis. Le diesel reste cantonné aux véhicules utilitaires, aux pick-ups et au transport interurbain.
Le marché se caractérise par une séparation nette entre l’occasion, qui capte plus de 90 % des déclarations, et le neuf, qui demeure marginal. Les véhicules de seconde main affichent une moyenne d’âge comprise entre 5 et 15 ans. Le segment du neuf, bien qu’en progression, se concentre sur les flottes d’entreprises et les achats étatiques.
Émergence de l’offre chinoise et transition technologique
Le paysage automobile camerounais enregistre l’arrivée de nouveaux acteurs, avec la Chine en tête du segment des véhicules neufs abordables. Cette offensive cible les taxis et les SUV urbains de marques telles que Haval ou Changan, proposant une alternative aux modèles japonais d’occasion.
Parallèlement, les données indiquent un début de pénétration des technologies hybrides et électriques, bien que leur part reste inférieure à 1 % du volume total. L’importation de véhicules accidentés en provenance des États-Unis pour une remise en état locale demeure une pratique active pour le segment du luxe. Le marché s’adapte ainsi aux contraintes du coût du carburant, ce qui entraîne un déclin progressif de l’intérêt pour les motorisations à forte consommation.


