Située au carrefour stratégique entre les villes de Douala et Yaoundé, la Sanaga-Maritime lance une offensive économique pour capter les flux d’investissements nationaux et internationaux, et dynamiser son tissu économique. Prévu les 27 et 28 mars 2026, sur le thème central « structurer l’investissement local, créer l’emploi et bâtir une économie territoriale durable », cette plateforme ambitionne de fédérer acteurs institutionnels, opérateurs privés et bailleurs de fonds pour structurer durablement les investissements productifs locaux.
L’organisation de ce forum repose sur une analyse rigoureuse des impératifs de décentralisation industrielle du Cameroun. Idéalement située à l’intersection des pôles économiques de Douala et Yaoundé, la Sanaga-Maritime jouit d’une infrastructure logistique intégrée, alliant façades fluviales et dessertes ferroviaires. Pour le FEJEM et l’APEC, l’enjeu est désormais de convertir les avantages comparatifs passifs du département en actifs opérationnels.
Cette démarche s’aligne directement sur la Stratégie Nationale de Développement (SND30), dont les piliers sont l’import-substitution et la valorisation locale des matières premières. L’objectif technique est de bâtir un écosystème attractif, capable de capter les flux de capitaux nécessaires au financement d’infrastructures lourdes et d’unités manufacturières de grande envergure.
Les documents techniques du forum, consulté par L’Economie, identifient plusieurs segments prioritaires, à commencer par le secteur de l’agro-industrie. Les filières du palmier à huile, du caoutchouc et de la transformation du bois sont particulièrement privilégiées. La forte disponibilité foncière, couplée à la proximité des sources d’énergie hydroélectrique, constitue ici un facteur déterminant pour la réduction des coûts fixes des industriels souhaitant s’implanter durablement.
« Les échanges porteront notamment sur la structuration des filières économiques locales, l’accès au foncier et la sécurisation de l’investissement, la transformation locale et la création de valeur ajoutée, l’emploi et l’insertion professionnelle des jeunes, ainsi que les partenariats économiques et institutionnels. Panels de haut niveau, ateliers thématiques ciblés, rencontres B2B et espaces de networking structureront ces deux journées de travail, avec une restitution formalisée des principales conclusions », peut-on lire dans le document.
Parallèlement, le secteur extractif et celui des matériaux de construction offrent un potentiel d’exploitation immédiat. Pour attirer les opérateurs, le forum met en avant les dispositifs d’incitation prévus par la législation camerounaise sur l’investissement privé. Ce cadre juridique vise à sécuriser les rendements tout en favorisant l’implantation d’unités de transformation à haute intensité de capital. À terme, ces investissements doivent densifier le tissu économique local, et accroître significativement la contribution du département au PIB national.


