Le monde des affaires marocain et panafricain vient de perdre l’un de ses stratèges les plus discrets, mais aussi l’un des plus influents. Hassan Ouriagli, Président-Directeur Général de la holding royale Al Mada, est décédé à Paris le 10 janvier 2026, à l’âge de 64 ans.
Sa disparition marque la fin d’une ère pour le premier groupe privé du Royaume. Ancien élève de l’École nationale des ponts et chaussées et polytechnicien, Hassan Ouriagli n’était pas seulement un gestionnaire de haut vol ; il était l’artisan de la mutation profonde de ce qui fut autrefois la Société Nationale d’Investissement (SNI) en un fonds d’investissement à vocation panafricaine : Al Mada.
Depuis sa nomination en 2014, Ouriagli a piloté avec une rigueur chirurgicale le recentrage du groupe sur des secteurs stratégiques : mines, énergie, finance et télécoms. Sous son impulsion, Al Mada a adopté une signature qui résumait sa philosophie : le « Positive Impact ». Il défendait avec ferveur un nouveau modèle de capitalisme africain, où la recherche du profit devait s’accompagner d’une responsabilité sociale et environnementale concrète.
Cette vision s’est traduite par une expansion spectaculaire dans plus de 24 pays du continent, positionnant le Maroc comme un hub économique incontournable entre l’Europe et l’Afrique.
Un héritage de stabilité et de modernité
L’homme, décrit par ses pairs comme une figure d’une grande pudeur et d’une loyauté sans faille, a réussi le tour de force de désendetter massivement la holding tout en finançant des projets d’envergure internationale. Son passage à la tête d’Al Mada restera gravé dans les annales financières comme celui de l’institutionnalisation et de la modernisation du capitalisme marocain.
Alors que le pays s’apprête à relever de nouveaux défis, notamment dans la perspective de 2030, le vide laissé par ce capitaine d’industrie sera difficile à combler. Hassan Ouriagli laisse derrière lui un groupe solide, tourné vers l’avenir, et une leçon de gestion : celle que la réussite économique n’a de sens que si elle sert le progrès humain.


